L’Arcom alerte sur le sexisme en ligne et la nécessité de réguler le numérique

Le régulateur du numérique en France, l’Arcom, a récemment publié un rapport préoccupant sur la propagation des propos et stéréotypes sexistes sur les grandes plateformes en ligne. Ce document met en lumière l’ampleur inquiétante de ces contenus qui circulent librement, appelant à une coopération renforcée entre les acteurs du numérique pour modérer les milliers de messages problématiques.

EN BREF

  • L’Arcom a identifié près de 19.600 messages sexistes sur les réseaux sociaux entre août et décembre 2025.
  • 42% de ces messages proviennent de comptes d’hommes, mais également de femmes et d’identités non spécifiées.
  • Le régulateur appelle à une meilleure régulation des contenus en ligne tout en préservant la liberté d’expression.

Entre août et mi-décembre 2025, l’Arcom a comptabilisé environ 19.600 messages en français jugés potentiellement sexistes. Ces contenus ont été principalement détectés sur les plateformes X et YouTube, grâce à des outils d’intelligence artificielle et aux signalements d’associations. Ils peuvent être considérés comme illicites ou non, mais leur accumulation et leur viralité posent des risques systémiques, pouvant avoir des effets négatifs prévisibles sur la société.

Martin Ajdari, président de l’Arcom, a souligné lors d’une conférence que le paysage numérique se caractérise par une régulation naissante et une diversité de contenus difficile à contrôler. Les plateformes sont tenues d’évaluer et de limiter ces risques, mais cela nécessite une coopération accrue. Laurence Pécaut-Rivolier, membre de l’autorité, a illustré la problématique avec un exemple frappant tiré des réseaux sociaux : un message incitant à « maîtriser » son « énergie masculine » et à adopter une attitude de « dominance subtile ».

Le rapport met également en évidence plusieurs thématiques prédominantes liées aux discours sexistes, notamment : la masculinité et la virilité, l’antiféminisme, la transphobie, et des stéréotypes de genre associés à des préjugés raciaux. Ces messages ne sont pas exclusivement rédigés par des hommes : 42% proviennent de comptes d’hommes, 32% de femmes, et 26% d’identités dont le genre est inconnu. Cela témoigne de la banalisation de ces discours dans les échanges numériques.

L’Arcom souhaite jouer un rôle actif dans l’identification des contenus à risque tout en préservant la liberté d’expression. L’autorité encourage également une collaboration efficace entre les plateformes et les instances réglementaires pour partager les bonnes pratiques de modération. En parallèle, un autre rapport de l’Arcom sur la représentation des femmes à la télévision et à la radio a révélé des avancées notables, même si des disparités demeurent dans la manière dont les femmes sont représentées et entendues à l’antenne.

Ce rapport annuel montre que, entre mi-2024 et mi-2025, la part de femmes à l’antenne a atteint 39%, soit une augmentation de quatre points par rapport à la dernière décennie. Cependant, leur présence en tant que voix de référence reste limitée, avec seulement 37% des paroles prononcées par des femmes, et 31% des mentions à leur sujet comparées à celles des hommes.

Dans un contexte où les questions de genre et de représentation sont plus que jamais d’actualité, l’Arcom appelle à une vigilance accrue pour assurer une mixité dans les médias et une attention particulière aux femmes occupant des rôles significatifs, notamment celles qui font face à plusieurs formes de discrimination. La régulation des contenus en ligne se présente comme un enjeu majeur pour le respect et l’égalité dans l’espace numérique.