La haie de laurier-cerise, un danger méconnu dans nos jardins

Dans de nombreux jardins français, le laurier-cerise, souvent choisi pour sa croissance rapide et son feuillage persistant, dissimule un danger insoupçonné. Cette plante, bien que familière, est à l’origine d’une part significative des appels reçus par les centres antipoison chaque année. La toxicité du laurier-cerise, également connu sous le nom de laurier-palme, est une préoccupation croissante, notamment pour les jeunes enfants et les animaux de compagnie.

EN BREF

  • Le laurier-cerise, fréquent dans les jardins, est toxique pour les enfants et les animaux.
  • Sa consommation peut causer des symptômes graves, y compris des troubles cardiaques.
  • Des conseils de sécurité sont recommandés en cas d’ingestion.

Les Centres Antipoison et de Toxicovigilance rapportent que près de 5 % de leurs appels concernent des intoxications dues à des plantes, en particulier chez les enfants âgés de 1 à 4 ans. Dans les lotissements, les écoles et les jardins d’assistantes maternelles, le laurier-cerise est souvent présent. Sa toxicité est telle qu’il est désormais déconseillé, voire interdit, dans certains lieux accueillant de jeunes enfants.

Il est fréquent de confondre le laurier-cerise avec le laurier-sauce, un autre arbuste populaire. Un moyen simple de distinguer les deux est de froisser une feuille : celle du laurier-sauce dégage une forte odeur de cuisine, tandis que le laurier-cerise n’a presque pas d’arôme. En dehors du laurier-sauce, d’autres lauriers ornementaux contiennent des toxines pouvant entraîner des nausées, des vomissements, des troubles cardiaques, des convulsions et même la mort.

Le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) est particulièrement dangereux en raison de sa chimie. Ses feuilles et ses baies contiennent des hétérosides cyanogènes, comme la prunasine et l’amygdaline. Lorsqu’ils sont ingérés, ces composés libèrent de l’acide cyanhydrique, un poison qui empêche les cellules d’utiliser l’oxygène. Pour un jeune enfant, même une petite quantité peut provoquer des troubles digestifs, neurologiques et cardiaques. Chez un chien ou un chat, deux ou trois feuilles peuvent suffire à déclencher une intoxication grave.

Un autre arbuste, le laurier-rose (Nerium oleander), également populaire dans le sud de la France, repose sur un autre type de poison : des hétérosides cardiotoniques. Entre 1999 et 2017, les centres antipoison français ont enregistré 4 214 cas d’exposition, principalement chez les enfants de moins de 5 ans. Parmi ces cas, 39 ont été jugés graves et quatre mortels.

En cas d’ingestion suspectée de laurier-cerise, il est crucial d’agir rapidement. Les spécialistes recommandent de ne pas faire vomir l’enfant et de ne pas lui administrer de lait ou de grandes quantités d’eau. Les bons réflexes incluent de garder son calme tout en appelant un professionnel de santé. Ces conseils sont également applicables pour les animaux de compagnie. Lors de la taille de cet arbuste, il est conseillé de porter des gants et de bien se laver les mains après.

En réalité, la haie qui embellit votre jardin pourrait représenter un risque bien plus élevé que ce que l’on pourrait imaginer. Il est donc essentiel de s’informer sur les espèces de plantes que l’on choisit d’introduire dans son espace extérieur, afin de garantir la sécurité des enfants et des animaux qui y évoluent.