Chaque année, à l’approche de la période de déclaration fiscale, de nombreux retraités se retrouvent face à un dilemme concernant les montants de leurs pensions. À l’occasion de la déclaration en ligne, certains envisagent de corriger eux-mêmes les montants préremplis, pensant ainsi « aider » l’administration fiscale. Toutefois, cette initiative peut entraîner des conséquences regrettables, notamment un contrôle par la Direction générale des finances publiques.
EN BREF
- Modifier les montants des pensions préremplis peut déclencher un contrôle fiscal.
- Les abattements spécifiques pour les retraités de plus de 65 ans sont calculés automatiquement.
- Il est conseillé de ne corriger que les erreurs matérielles, sans soustraire d’abattements.
La loi de finances pour 2026 maintient un abattement en faveur des personnes de plus de 65 ans ainsi que des invalides, tel que stipulé à l’article 157 bis du Code général des impôts. Cet abattement évolue chaque année, mais sa méthode de calcul reste inchangée. Il est crucial de comprendre que ce montant est calculé automatiquement par les services fiscaux, ce qui fait de la case à ne pas modifier une question de bon sens et de prudence.
Pour les revenus de 2025 déclarés en 2026, l’abattement spécifique atteint 2 822 € si le revenu net global ne dépasse pas 17 670 €, et 1 411 € pour des revenus compris entre 17 670 € et 28 430 €. Au-delà de ce seuil, l’abattement disparaît. Cet avantage s’applique aux contribuables âgés de plus de 65 ans au 31 décembre de l’année des revenus concernés, mais également à certaines personnes invalides, telles que les bénéficiaires d’une pension militaire ou d’invalidité.
Pour les couples, l’avantage fiscal peut rapidement augmenter. Comme le souligne MoneyVox, cité par Le Particulier, « l’abattement est doublé pour un couple marié ou pacsé dont les deux membres remplissent les conditions d’âge. » Cependant, chaque partenaire ne peut bénéficier que d’un seul abattement, même s’il remplit les deux conditions.
Les pensions de retraite et de réversion sont généralement préremplies dans les cases 1AS et 1BS, sur la base des informations envoyées par la CNAV et l’Agirc-Arrco. Le rôle du contribuable est de s’assurer que ces montants correspondent bien aux attestations fournies par les caisses. À partir de ces chiffres bruts, les algorithmes de la DGFiP appliquent d’abord l’abattement de 10 % sur les pensions, puis, si les conditions sont remplies, l’abattement spécifique pour les plus de 65 ans ou les invalides sur le revenu net global.
Le piège se présente lorsque le senior décide de retrancher lui-même un abattement du montant prérempli en 1AS avant de valider sa déclaration. Dans ce cas, la pension déclarée devient inférieure à celle transmise par les caisses, tandis que le logiciel appliquera de toute façon les abattements prévus. Ce qui entraîne une double déduction, facilement repérée grâce aux croisements informatiques, et peut déboucher sur un avis de rectification avec rappel d’impôt et intérêts de retard.
Une autre source de confusion provient de l’amalgame entre l’abattement automatique et les réductions d’impôt liées aux contrats d’épargne handicap ou de rente-survie. Un contrat d’épargne handicap est conçu pour une personne dont l’infirmité l’empêche de travailler normalement, avant la liquidation de ses droits à la retraite, pour une durée d’au moins six ans. Le contrat de rente-survie, quant à lui, vise à garantir un capital ou une rente viagère à une personne handicapée à charge.
Les primes versées dans le cadre de ces contrats ouvrent droit à une réduction d’impôt égale à 25 % des montants payés dans l’année, dans la limite de 1 525 €, montant majoré de 300 € par enfant à charge ou personne disposant d’une carte mobilité inclusion « invalidité ».
À l’approche de la date limite du 15 mai, la meilleure stratégie pour un retraité de plus de 65 ans se résume à trois réflexes essentiels : vérifier sa date de naissance et son statut d’invalide, contrôler les montants préremplis en 1AS et 1BS sans jamais y soustraire un abattement, et enfin, pour ceux ayant un contrat d’épargne handicap ou de rente-survie, compléter les cases appropriées sur le formulaire 2042 RICI tout en conservant soigneusement les justificatifs.