Le Livret A au service du nouveau programme nucléaire français

En visite sur le chantier de la future centrale de Penly, en Seine-Maritime, Emmanuel Macron a réaffirmé l’importance du nucléaire pour la France. Le président a insisté sur le fait que le pays doit compter sur l’atome pour relever les défis du climat, de la compétitivité et de la souveraineté énergétique. Dans le cadre de cette stratégie, il a annoncé que le programme de construction de six nouveaux réacteurs EPR2 sera en partie financé grâce au Livret A.

EN BREF

  • Le Livret A financera 60 % du programme EPR2 pour six nouveaux réacteurs nucléaires.
  • Le prêt d’État associé est garanti à un prix de 100 euros par MWh.
  • La décision finale d’investissement d’EDF doit intervenir avant fin 2026.

Lors d’un Conseil de politique nucléaire (CPN), l’Élysée a clarifié que le financement de 60 % du coût total du programme EPR2 sera assuré par le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts. Ce fonds gère près de 400 milliards d’euros d’épargne réglementée, dont une partie est destinée à des prêts à long terme dans divers domaines, y compris le logement social. En mobilisant cette ressource, le gouvernement souligne l’engagement en faveur de l’énergie nucléaire.

Le prêt pour le programme EPR2 est assorti d’une garantie d’État, stipulant un prix maximum de 100 euros par mégawattheure (MWh) à partir de 2024. Cette mesure vise à sécuriser les investissements nécessaires tout en maintenant les coûts sous contrôle. Le CPN a également fixé comme objectif d’assurer la décision finale d’investissement par EDF avant la fin de l’année 2026, avec une mise en service des réacteurs prévue d’ici 2038.

Le coût total du programme de construction des six réacteurs est estimé à 72,8 milliards d’euros, un chiffre accepté par le CPN après un audit approfondi. Ce dernier a également insisté sur l’importance d’éviter les erreurs du passé, notamment celles constatées lors du chantier de l’EPR de Flamanville, dont les coûts ont été multipliés par six et les délais par quatre.

Emmanuel Macron a également souligné la renaissance de l’intérêt pour le nucléaire en Europe, notant qu’il y a encore quelques années, cette source d’énergie était souvent critiquée. Selon lui, un consensus s’est établi, et de nombreux pays européens s’engagent désormais à mobiliser des financements publics et privés pour investir dans cette technologie.

Le CPN a prévu de lancer des études sur la construction d’un premier réacteur à neutrons rapides d’ici 2030, impliquant divers acteurs du secteur, tels que le CEA, EDF, Framatome et Orano. Ces réacteurs permettraient non seulement de recycler le plutonium, mais aussi de brûler les déchets ultimes des combustibles usés.

Emmanuel Macron a promis que ce chantier serait comparable à celui entrepris par les générations précédentes dans les années 70-80. Il a évoqué le développement de petits réacteurs modulaires (SMR) comme faisant partie intégrante du programme de nouveau nucléaire en France. Ce projet ambitieux vise à garantir l’approvisionnement énergétique du pays tout en répondant aux enjeux environnementaux contemporains.

En conclusion, le choix de financer le programme nucléaire via le Livret A témoigne d’une volonté politique forte d’intégrer le nucléaire dans la stratégie énergétique française, tout en s’assurant de la rentabilité et de la viabilité de ces projets pour les générations futures.