Les drones iraniens, en particulier les modèles Shahed, suscitent des préoccupations croissantes en raison de leur efficacité redoutable sur le champ de bataille. Peu coûteux et produits en masse, ces appareils ont été à l’origine de nombreux dégâts, notamment dans le cadre du conflit au Moyen-Orient. Récemment, l’un d’eux a causé la mort d’un militaire français au Kurdistan irakien, soulignant ainsi leur impact létal.
EN BREF
- Les drones Shahed iraniens sont difficiles à brouiller grâce à des technologies avancées.
- Utilisant une navigation inertielle, ils évitent les interférences GPS courantes.
- Les armées doivent développer des systèmes anti-drones plus sophistiqués pour les contrer.
Les tentatives de brouillage des signaux GPS autour du Golfe sont courantes, visant à désorienter les armées adverses ainsi que les drones. Cependant, de nombreux appareils continuent d’atteindre leurs objectifs. Thomas Withington, chercheur au Royal United Services Institute (RUSI), explique que les drones peuvent éviter le brouillage en ne se fiant pas uniquement au GPS. « Juste avant ou juste après le décollage, le drone allume un récepteur GPS pour savoir où il est », détaille-t-il. Par la suite, un gyroscope prend le relais, permettant une navigation autonome. Cette méthode, connue sous le nom de navigation inertielle, permet aux drones de se déplacer même en cas de brouillage.
Des avancées technologiques notables ont été intégrées dans les drones Shahed. En Ukraine, des modèles tels que le Geran-2, dérivé du Shahed, sont équipés de systèmes sophistiqués de suppression des interférences qui permettent de conserver le signal GPS tout en bloquant le brouillage ennemi, selon le groupe de réflexion américain Institute for Science and International Security (ISIS). Des dispositifs anti-brouillage ont été découverts sur des débris de drones en Ukraine, attestant de leur efficacité. Todd Humphreys, professeur à l’Université du Texas, souligne que ces systèmes sont assemblés à partir de composants courants, mais possèdent des capacités équivalentes aux équipements militaires américains.
En plus d’être difficiles à détecter, les drones iraniens sont souvent fabriqués avec des matériaux absorbants qui réduisent leur visibilité radar. Leur construction légère et leur vol à basse altitude leur permettent de contourner les systèmes de détection conventionnels. Dans ce contexte, la lutte contre ces drones nécessite des équipements de guerre électronique plus avancés et en plus grand nombre.
Des systèmes de positionnement variés
Une question se pose : l’Iran utilise-t-il des systèmes de guidage alternatifs comme le chinois BeiDou? Serguiï Beskrestnov, conseiller au ministère ukrainien de la Défense, affirme que les modèles russes se servent également du GLONASS, le système de positionnement russe. Cela complique encore davantage le brouillage, car il faut alors cibler plusieurs fréquences. Dana Goward, président de Resilient Navigation and Timing, précise que bien que certaines transmissions soient plus résistantes au brouillage, toutes peuvent l’être.
Des rumeurs circulent également quant à l’utilisation du système de radionavigation Loran, conçu pendant la Seconde Guerre mondiale et qui avait été abandonné avec l’avènement du GPS. Bien que l’Iran ait annoncé en 2016 son intention de réactiver ce système, aucune preuve concrète n’existe à ce jour pour confirmer son utilisation.
Réponses militaires face aux drones
Pour faire face à cette menace croissante, les armées se concentrent sur des méthodes d’abattage des drones, utilisant des canons, des missiles, et même des lasers. Les avancées américaines et israéliennes dans ce domaine sont significatives. En Ukraine, des techniques de guerre électronique ont prouvé leur efficacité. Entre mai et juillet 2025, les forces ukrainiennes ont réussi à neutraliser 4 652 drones russes par des actions électroniques, en plus des 6 041 abattus par des moyens conventionnels.
La lutte contre les drones iraniens, bien que difficile, est essentielle pour la sécurité des forces armées engagées sur le terrain. Les défis posés par ces appareils insistent sur la nécessité d’une adaptation rapide des stratégies militaires et des technologies de défense.