La situation à Dubaï, autrefois considérée comme un phare du tourisme au Moyen-Orient, connaît un bouleversement sans précédent. La récente escalade des tensions géopolitiques a engendré une chute drastique de l’afflux de touristes dans l’émirat, laissant de nombreux travailleurs dans une situation précaire.
EN BREF
- La guerre au Moyen-Orient a provoqué une chute des touristes à Dubaï.
- Les travailleurs du secteur touristique, comme Dulash, subissent des pertes de revenus importantes.
- Les professionnels craignent un impact durable sur l’image de Dubaï en tant que destination sécurisée.
Sur la célèbre plage de Jumeirah Beach Residence (JBR), les transats sont désespérément vides, témoignant d’une situation inédite. Dulash, un jeune Sri-Lankais de 26 ans, travaille dans la location de jet-skis et déclare : « Hier : zéro. Aujourd’hui : zéro. Il n’y a pas un client ». Ce constat reflète une réalité partagée par de nombreux employés du secteur, qui voient leurs espoirs s’effondrer alors que Dubaï, jadis animée par un flux incessant de visiteurs, devient une ville presque fantôme.
Le début des hostilités, marqué par des frappes de missiles et de drones, a fait fuir les touristes, alors que Dubaï accueillait près de 19,6 millions de visiteurs l’année précédente. Le secteur touristique, qui représentait environ 13 % du PIB des Émirats, est désormais en crise. Les employés, souvent originaires de pays asiatiques, font face à des difficultés financières sans précédent, alors que les revenus s’évaporent.
Les témoignages des travailleurs sont poignants. Dulash, qui perçoit un salaire de 4.500 dirhams (975 euros) par mois, n’a pas reçu son paiement à temps. « Je n’ai plus que 200 dirhams pour vivre », confie-t-il, soulignant une situation d’urgence. Les augmentations des prix des billets d’avion compliquent encore plus les choses, rendant le retour dans leur pays d’origine difficile pour beaucoup d’entre eux.
Le World Travel and Tourism Council (WTTC) a récemment estimé que la guerre entraîne des pertes de 600 millions de dollars par jour dans le secteur touristique au Moyen-Orient. Les employés de Dubaï, qui ont souvent quitté leur pays en quête de meilleures perspectives, se retrouvent piégés dans une réalité difficile. La peur de ne plus pouvoir rester dans un pays qui leur promettait sécurité et prospérité est palpable.
Avec l’approche de l’Aïd el-Fitr, les hôtels tentent d’attirer les résidents en baissant leurs tarifs, mais cela ne semble pas suffisant. Les établissements hôteliers, dont beaucoup sont des palaces, se battent pour maintenir une activité, alors que le quartier de Creek a déjà subi des dommages dus aux combats. Les initiatives de réduction des prix, bien qu’essentielles, risquent de ne pas suffire à redorer l’image de Dubaï.
Nabil Haryouli, propriétaire d’une agence touristique, est conscient des défis à venir. Selon lui, l’impact sera durable, mais il reste optimiste sur le retour des touristes, rappelant les leçons tirées des précédentes crises financières et de la pandémie de Covid-19. « S’il y a une ville qui a prouvé qu’elle peut rebondir, c’est bien Dubaï », affirme-t-il, mettant en lumière la résilience de l’émirat face à l’adversité.
Alors que la situation continue d’évoluer, les employés du secteur touristique, comme Dulash et Kalhan, se retrouvent dans une incertitude totale. Ils attendent, espérant un retournement rapide de la situation, tout en faisant face à des réalités économiques de plus en plus dures.