Mark Koh, un investisseur singapourien de 44 ans, a connu une chute brutale de sa fortune dans le monde des cryptomonnaies. Victime d’une arnaque, il a vu ses comptes vider de 120 000 dollars. Ce drame personnel a déclenché chez lui un sentiment de honte profonde, mais aussi une volonté de sensibiliser le public aux dangers des fraudes en ligne.
EN BREF
- Mark Koh a perdu 120 000 dollars à cause d’une arnaque en cryptomonnaies.
- Singapour a enregistré une baisse des escroqueries, avec 37 308 cas en 2025.
- Il lance une campagne de sensibilisation pour aider les victimes d’escroqueries.
La ville-État de Singapour, connue pour son dynamisme financier, a vu ses citoyens confrontés à une augmentation alarmante des arnaques en ligne. Entre 2024 et 2025, des escroqueries ont coûté 1,2 milliard de dollars aux particuliers, mettant en lumière la vulnérabilité des investisseurs, même ceux expérimentés comme Mark Koh.
Après avoir réussi à construire un portefeuille solide de cryptomonnaies pendant huit ans, Mark Koh a été pris au piège par des cybercriminels qui ont profité d’un logiciel malveillant. Son témoignage, partagé sur les réseaux sociaux en décembre dernier, a rapidement fait le tour du web, révélant les dangers omniprésents du secteur. « J’ai un nouveau surnom maintenant… +l’homme zéro+, parce que mon compte n’a que des zéros. Ce n’est pas quelque chose dont je suis fier », confie-t-il avec amertume.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Alliance mondiale anti-arnaque (GASA) estime que les pertes mondiales dues aux escroqueries ont atteint 442 milliards de dollars l’année dernière, dont 17 milliards spécifiquement liés aux arnaques en cryptomonnaies. Ces chiffres alarmants montrent l’ampleur du problème, qui touche tous les profils, des néophytes aux experts.
Les nouvelles méthodes des cybercriminels
Les techniques utilisées par ces escrocs deviennent de plus en plus sophistiquées. Selon un rapport de Chainalysis, les arnaques à l’identité ont augmenté de 1 400% en un an, et les fraudes utilisant l’intelligence artificielle sont devenues 4,5 fois plus lucratives que celles basées sur des technologies plus simples. La police singapourienne, représentée par Jeffery Chin, souligne que ces méthodes rendent les enquêtes plus complexes, notamment en raison de la nature transnationale des crimes.
Mark Koh, en tant que fondateur d’une organisation d’aide aux victimes d’escroqueries, a décidé de transformer sa douleur en action. « Il y a une profonde honte d’être une victime, surtout quand vous vous étiez fait connaître en aidant les gens à éviter ce genre exact de situations », déclare-t-il. Sa campagne vise à faire prendre conscience aux investisseurs des risques liés aux cryptomonnaies.
Les efforts des autorités et des entreprises technologiques
Face à cette crise, les autorités de Singapour ont renforcé les sanctions contre les cybercriminels et intensifié les efforts de prévention. Les banques et la police ont désormais le pouvoir de geler des comptes suspects pour stopper le flux d’argent vers les escrocs. Ces mesures semblent porter leurs fruits : le nombre total d’escroqueries a diminué de 28% en 2025, et les pertes financières ont également baissé.
Les géants de la technologie comme Meta et Telegram ont également pris des mesures proactives pour lutter contre ces fraudes. Meta a supprimé plus de 134 millions de publicités frauduleuses, tandis que Telegram bloque des millions de campagnes d’escroquerie avant même qu’elles ne soient lancées.
Malgré sa situation difficile, Mark Koh reste déterminé à continuer son combat contre les escroqueries. Lors de conférences internationales, il partage son expérience pour sensibiliser le public et aider les autres victimes à se relever. « La honte est de leur côté, pas du nôtre », conclut-il, réaffirmant ainsi sa volonté de transformer sa tragédie personnelle en une force pour le bien.