Les bureaux de vote en métropole ont ouvert leurs portes ce dimanche pour le premier tour des élections municipales. Si la majorité des communes devraient élire leurs maires dès aujourd’hui, le scrutin s’annonce particulièrement indécis dans les grandes villes, où les alliances entre partis pourraient s’avérer décisives.
EN BREF
- 48,7 millions d’électeurs appelés aux urnes, participation incertaine.
- Absence de maires sortants macronistes complique les choix électoraux.
- Les résultats du premier tour influenceront les alliances pour le second tour.
Ce dimanche, environ 48,7 millions d’électeurs sont convoqués pour voter, dont 358.000 ressortissants de l’Union européenne. Le vote a déjà commencé dans les territoires d’outre-mer, tels que la Nouvelle-Calédonie, La Réunion et Mayotte, en raison du décalage horaire. Les bureaux de vote fermeront respectivement à 18h, 19h ou 20h dans les plus grandes villes, moment où les premiers résultats seront dévoilés.
Le scrutin vise à élire les conseillers municipaux pour une durée de six ans dans près de 35.000 communes. Ces conseillers auront ensuite la responsabilité d’élire leur maire. Une des grandes inconnues de cette élection demeure la participation électorale. Bien qu’elle devrait être plus élevée qu’en 2020, où la pandémie de Covid-19 avait dissuadé de nombreux électeurs, il est difficile de prédire si cette mobilisation sera suffisante pour stopper la tendance à la baisse observée depuis plusieurs élections.
La participation a chuté, passant de 78,4 % en 1983 à 63,6 % en 2014, notamment chez les jeunes et les habitants des quartiers populaires. Le ministère de l’Intérieur diffusera des chiffres provisoires de participation à 12h puis à 17h.
Les Français demeurent attachés à leurs maires, souvent mieux perçus que les élus nationaux. Cependant, l’actualité internationale, notamment la guerre au Moyen-Orient, pourrait impacter la mobilisation. De plus, l’absence de maires sortants affiliés à La République En Marche complique la possibilité pour les électeurs d’exprimer un mécontentement vis-à-vis de l’exécutif, comme cela avait été le cas lors des élections de 2008 et 2014.
Selon les sondages, 75 % des votants s’exprimeront en fonction des enjeux locaux. Ce scrutin semble moins polarisé que les scrutins nationaux, bien que des thématiques identiques, telles que la lutte contre le narcotrafic, l’accès aux soins et au logement, demeurent présentes.
Le gouvernement a veillé à éviter une nationalisation du scrutin, en imposant aux ministres, sauf ceux qui sont candidats, de garder le silence. De plus, dans 68 % des communes, des listes uniques sont présentées, limitant ainsi le choix des électeurs. Un manque d’alternatives qui pourrait accroître l’abstention.
À l’inverse, l’incertitude qui règne dans les grandes villes pourrait inciter les électeurs à se mobiliser. Dès l’annonce des résultats, une nouvelle élection commencera, centrée sur les alliances du second tour. Les listes ayant obtenu plus de 10 % peuvent se maintenir, tandis que celles ayant recueilli plus de 5 % peuvent fusionner. Les décisions devront être prises avant mardi à 18h.
La question des alliances se pose également à gauche, où les tensions entre socialistes et Insoumis s’intensifient. De même, à droite, l’extrême droite espère s’imposer dans certaines localités, avec des ambitions pour les élections présidentielles de 2027.
À Paris, les perspectives de victoire d’Emmanuel Grégoire (PS) ou de Rachida Dati (LR) dépendent de la performance de candidats tels que Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et Sophia Chikirou (LFI). De même, à Marseille, le maire sortant de gauche, Benoît Payan, se confronte à Franck Allisio (RN), tandis qu’à Toulouse, le sortant Jean-Luc Moudenc espère une triangulaire.
Les Ecologistes, qui avaient triomphé en 2020, se retrouvent sur la défensive à Strasbourg et Bordeaux. À Lyon, le maire Grégory Doucet espère renverser la tendance face à Jean-Michel Aulas. Le RN, quant à lui, vise à s’implanter dans des villes de petite et moyenne taille, alors que les Insoumis ambitionnent de conquérir Roubaix et de surprendre dans certaines villes de la région parisienne.
Ce scrutin municipal, bien que local, pourrait avoir des répercussions sur les futures élections présidentielles. Les résultats pourraient influencer les candidatures, notamment celle d’Edouard Philippe au Havre, conditionnée par sa réélection, ou celle de Fabien Roussel, dont une défaite à Saint-Amand-les-Eaux pourrait remettre en question ses ambitions.