Le diagnostic de l’hydrocéphalie, une affection souvent méconnue, peut s’avérer complexe, en particulier chez les personnes âgées. Cette maladie affecte le liquide céphalo-rachidien, essentiel au bon fonctionnement du cerveau et de la moelle épinière. Le Pr Anthony Faivre, neurologue à l’Hôpital américain de Paris, nous éclaire sur les différents types d’hydrocéphalie et les symptômes qui peuvent en résulter.
EN BREF
- L’hydrocéphalie est souvent mal diagnostiquée chez les seniors.
- Les symptômes incluent des troubles de la marche et des troubles cognitifs.
- Le traitement chirurgical peut transformer la vie des patients.
Le liquide céphalo-rachidien circule autour du cerveau et de la moelle épinière, jouant un rôle clé en alimentant le cerveau en nutriments et en évacuant les déchets. Le Pr Faivre explique : “Le liquide circule dans les ventricules cérébraux, descend le long de la moelle, remonte vers le cerveau et est résorbé.” Cependant, lorsque les ventricules se dilatent, cela indique une hydrocéphalie.
Il existe plusieurs types d’hydrocéphalie. L’hydrocéphalie obstructive, par exemple, résulte d’un obstacle à la circulation du liquide, souvent lié à une malformation congénitale, une tumeur ou une infection. En revanche, les personnes âgées sont plus souvent touchées par l’hydrocéphalie à pression normale (HPN), qui n’est pas causée par un obstacle, mais par un défaut de résorption du liquide. “Ce trouble pourrait toucher plus de 3 % des plus de 65 ans”, précise le Pr Faivre, tout en soulignant que son diagnostic reste difficile en raison de la méconnaissance de la maladie.
Les symptômes de l’hydrocéphalie sont peu spécifiques, ce qui rend le diagnostic encore plus délicat. Chez les seniors, la triade de Hakim-Adams, qui comprend des troubles de la marche, cognitifs et sphinctériens, est souvent observée. Cependant, beaucoup de patients ne présentent qu’un ou deux de ces symptômes, ce qui complique davantage la situation. De plus, la dilatation ventriculaire peut également survenir avec l’âge ou en raison de maladies comme Alzheimer, nécessitant des examens d’imagerie approfondis pour établir un diagnostic précis.
Pour confirmer l’hydrocéphalie, une IRM cérébrale est essentielle. Elle permet de vérifier l’absence d’hydrocéphalie obstructive et de mesurer le volume des ventricules. “L’index d’Evans est utilisé pour évaluer la dilatation”, explique le Pr Faivre. Si une résorption anormale du liquide est observée, cela peut être un indicateur clé. La ponction lombaire est également nécessaire pour affiner le diagnostic et évaluer le volume de liquide céphalo-rachidien.
Une fois le diagnostic d’hydrocéphalie à pression normale confirmé, un traitement chirurgical est souvent nécessaire. “On réalise une dérivation, un petit tuyau est placé pour évacuer l’excès de liquide dans le péritoine ou le thorax”, précise le Pr Faivre. Cette intervention peut améliorer considérablement la qualité de vie des patients. “Certains sont véritablement transformés par l’opération”, conclut-il.
Il est essentiel de ne pas considérer les symptômes tels que des troubles cognitifs ou moteurs comme une fatalité liée au vieillissement. Ils peuvent résulter de conditions traitables et doivent être évalués sérieusement par un neurologue. Une visite médicale et une IRM cérébrale peuvent être des étapes cruciales pour une prise en charge efficace.