Implant sous-rétinien PRIMA : une avancée prometteuse pour la DMLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) représente l’une des causes majeures de malvoyance dans le monde, particulièrement chez les personnes de plus de 60 ans. Cette maladie se manifeste par la destruction de la macula, la zone centrale de la rétine, essentielle pour des activités telles que la lecture ou la reconnaissance des visages. À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif pour la forme atrophique de la DMLA. Cependant, un nouvel appareil de neurostimulation appelé PRIMA, qui intègre un implant sous-rétinien, pourrait transformer le parcours de soins des patients.

EN BREF

  • L’implant PRIMA pourrait révolutionner le traitement de la DMLA atrophique.
  • Ce dispositif est testé dans le cadre d’un essai clinique européen.
  • Des effets secondaires liés à la chirurgie sont observés, mais l’implant est bien toléré.

Un dispositif innovant en essai clinique

L’implant sous-rétinien PRIMA fait l’objet d’un essai clinique mené en collaboration avec l’Inserm, Sorbonne Université, le CNRS et plusieurs hôpitaux français, dont l’hôpital Fondation Adolphe-de-Rothschild et l’Hôpital National des 15-20 à Paris. Ce dispositif consiste à remplacer les cellules photoréceptrices, responsables de la capture de la lumière et de la transmission des images au cerveau, par un mini-panneau photovoltaïque de seulement 2 millimètres de côté, placé sous la rétine.

Le Dr Jean-François Girmens, ophtalmologue à l’Hôpital National des 15-20, explique que le fonctionnement de l’implant repose sur une paire de lunettes équipée d’une caméra miniature. Cette dernière capte les images environnantes et les transmet à un ordinateur de poche, qui convertit le signal en faisceaux de rayons infrarouges, projetés en temps réel sur l’implant chirurgicalement inséré.

Qui peut bénéficier de cet implant ?

L’implant intra-rétinien PRIMA cible spécifiquement les patients âgés souffrant de DMLA atrophique avancée, caractérisée par une perte sévère de la vision centrale. Ces patients ont généralement des photorécepteurs détruits, mais leurs autres structures rétiniennes et voies visuelles demeurent fonctionnelles. Selon le Dr Girmens, les participants à l’essai clinique doivent présenter une acuité visuelle inférieure à 1/20, ce qui constitue un groupe assez restreint.

Quelles attentes et quels résultats ?

Les attentes autour de cet essai clinique sont considérables. Bien que la résolution actuelle de l’implant soit relativement basse, avec environ 348 pixels, des améliorations sont envisagées pour le futur. Néanmoins, le Dr Girmens souligne qu’à la différence d’une chirurgie de la cataracte, où la vision s’améliore rapidement, les patients devront suivre un long processus d’adaptation. En effet, jusqu’à 60 séances de rééducation, d’une durée de quatre heures chacune, sont prévues pour apprendre à utiliser ce dispositif.

Par ailleurs, le spécialiste met en lumière que l’implant n’a pas encore été comparé à d’autres options de réhabilitation visuelle, comme l’utilisation de lunettes spécifiques ou de loupes. Ces méthodes permettent aux patients d’exploiter leur vision résiduelle sans recourir à des dispositifs complexes. Une comparaison des résultats entre ces différentes approches serait donc bénéfique.

Effets secondaires et tolérance

Concernant les effets indésirables, ceux-ci sont principalement liés à la chirurgie elle-même. Les patients ont rapporté des cas d’hypertension oculaire, de décollement de la rétine, de trous maculaires ou d’hémorragies sous-rétiniennes. Cependant, le Dr Girmens note que, dans l’ensemble, l’implant est bien toléré jusqu’à présent. La confirmation de son efficacité à long terme reste à établir.

Le développement de l’implant PRIMA représente une avancée significative dans le domaine de la DMLA, apportant espoir et nouvelles perspectives aux patients touchés par cette maladie invalidante. Alors que la recherche continue d’évoluer, il est essentiel de suivre de près les résultats des essais cliniques pour mieux comprendre les bénéfices potentiels de ce dispositif.