Le 14 mars, Donald Trump a exprimé sa nécessité d’assistance internationale pour assurer la sécurité du détroit d’Ormuz, un passage maritime crucial pour le transport de l’énergie. Cette demande survient alors que le conflit au Moyen-Orient, qu’il a récemment intensifié en affirmant avoir « décapité » le régime iranien, continue de faire rage. Le détroit, par où transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole, est actuellement presque complètement bloqué, provoquant une flambée des prix du brut.
EN BREF
- Donald Trump demande l’envoi de navires de guerre d’autres pays au détroit d’Ormuz.
- Le passage est bloqué, entraînant une hausse des prix du pétrole.
- Des pays comme la France et le Royaume-Uni examinent la situation.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Trump a appelé les nations qui dépendent du pétrole transitant par le détroit à collaborer avec les forces américaines pour protéger cette voie maritime vitale. Parallèlement, il a promis que la marine américaine commencerait bientôt à escorter des pétroliers dans cette zone sensible.
Ce changement de ton est frappant, car Trump avait précédemment critiqué certains alliés, comme le Royaume-Uni, pour leur hésitation à envoyer des navires dans la région, déclarant : « Nous n’avons pas besoin de gens qui se joignent à des guerres une fois que nous avons déjà gagné ! »
Le politologue Ian Bremmer a souligné que cet appel à l’aide pourrait résulter de l’incertitude de Trump quant à la manière de rouvrir le détroit. Actuellement, la majorité des navires de guerre américains dans le Golfe persique sont mobilisés pour protéger les infrastructures énergétiques et militaires, ce qui les rend indisponibles pour escorter les navires commerciaux.
Une analyse récente a révélé que le gouvernement Trump avait sous-estimé le risque de fermeture du détroit en cas de conflit avec l’Iran, une déclaration que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a rapidement démentie, la qualifiant de « ridicule ».
Peu après l’appel de Trump, la Défense britannique a indiqué qu’elle maintenait sa position, continuant à évaluer diverses options pour répondre à la situation. Emmanuel Macron, quant à lui, a annoncé le 9 mars la préparation d’une mission « purement défensive », visant à escorter des porte-conteneurs et des pétroliers, mais seulement après la désescalade des hostilités.
La Corée du Sud, fortement dépendante du détroit d’Ormuz, a également déclaré qu’elle examinait attentivement la demande de Trump. Ce dernier a menacé de frapper le principal terminal d’exportation de pétrole brut iranien sur l’île de Kharg si l’Iran ne libérait pas le passage.
En retour, l’Iran a averti que si ses infrastructures énergétiques étaient attaquées, il ciblerait les entreprises américaines au Moyen-Orient. Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a affirmé qu’il continuerait à utiliser le blocage du détroit d’Ormuz comme un moyen de pression contre les États-Unis et Israël.
Ce développement illustre les tensions croissantes dans la région, où les enjeux géopolitiques se mêlent à des préoccupations économiques. Alors que Trump cherche des alliés pour naviguer cette crise, la situation demeure volatile et complexe, avec des conséquences potentielles pour l’équilibre énergétique mondial.