Le 15 mars 2026, le Pakistan a annoncĂ© avoir menĂ© des frappes aĂ©riennes contre des installations militaires et des refuges de terroristes Ă Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan. Cette action est survenue alors que les tensions entre les deux pays voisins atteignent un nouveau sommet, avec des accusations mutuelles concernant des pertes civiles.
EN BREF
- Le Pakistan a frappé des cibles militaires en Afghanistan, affirmant viser des terroristes.
- Les deux pays s’accusent mutuellement de pertes civiles dans les zones frontaliĂšres.
- Le Programme alimentaire mondial prĂ©voit une aide d’urgence pour 20 000 familles afghanes dĂ©placĂ©es par le conflit.
Les forces de sĂ©curitĂ© pakistanaises ont dĂ©clarĂ© que ces frappes avaient pour but de « dĂ©truire des infrastructures de soutien » utilisĂ©es par les talibans afghans et d’autres groupes terroristes. Selon des sources anonymes, ces opĂ©rations ont Ă©galement pour objectif de protĂ©ger les civils pakistanais, victimes d’attaques menĂ©es par les combattants du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), qui se seraient rĂ©fugiĂ©s en Afghanistan.
Un habitant de Kandahar a tĂ©moignĂ© d’une explosion ayant suivi des survols militaires, confirmant la destruction de sites dans la rĂ©gion. Les autoritĂ©s afghanes, pour leur part, ont rejetĂ© ces accusations. Le porte-parole de leur gouvernement, Zabihullah Mujahid, a affirmĂ© que les frappes pakistanaises avaient touchĂ© un centre de rĂ©habilitation de toxicomanes et un conteneur vide, loin des installations militaires mentionnĂ©es par le Pakistan.
Sur le terrain, un employĂ© du centre de rĂ©habilitation a dĂ©clarĂ© qu’aucun dĂ©cĂšs n’avait Ă©tĂ© enregistrĂ©, bien que plusieurs bĂątiments aient Ă©tĂ© endommagĂ©s. Ce climat de conflit s’est intensifiĂ© rĂ©cemment, les deux nations ayant connu des Ă©changes de tirs d’artillerie qui ont causĂ© la mort de civils des deux cĂŽtĂ©s de la frontiĂšre.
Le Pakistan a rapportĂ© que quatre civils, tous frĂšres, avaient Ă©tĂ© tuĂ©s par un tir dâartillerie afghan dans le district de Bajaur. En rĂ©ponse, les autoritĂ©s afghanes ont signalĂ© qu’une personne avait Ă©tĂ© tuĂ©e lors d’une attaque sur une maison civile Ă Kamdesh, dans la province de Nouristan. Ces Ă©vĂ©nements soulignent la brutalitĂ© des affrontements qui se poursuivent depuis plusieurs semaines, avec des civils pris au piĂšge.
La mission des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA) a entrepris un comptage des victimes civiles, rĂ©vĂ©lant que 75 Afghans ont perdu la vie depuis le dĂ©but des violences le 26 fĂ©vrier dernier. Les dĂ©clarations des deux gouvernements, qui affirment ne pas cibler les civils, sont difficilement vĂ©rifiables, compte tenu de lâinaccessibilitĂ© des zones touchĂ©es.
Le climat de tension a également conduit à des actions militaires réciproques. Le 14 mars, le Pakistan avait affirmé avoir déjoué une attaque de drones lancée par les talibans afghans. Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, a déclaré que ces attaques avaient franchi « une ligne rouge », aggravant encore la situation.
En octobre 2025, les affrontements avaient dĂ©jĂ causĂ© de nombreuses pertes humaines, entraĂźnant la fermeture de la frontiĂšre terrestre entre les deux pays. Bien que des mĂ©diations aient temporairement rĂ©duit les hostilitĂ©s, la situation s’est rapidement dĂ©tĂ©riorĂ©e avec le regain de violence observĂ© depuis fin fĂ©vrier.
Face Ă cette crise humanitaire, le Programme alimentaire mondial a annoncĂ© la mise en place d’une aide d’urgence pour 20 000 familles afghanes dĂ©placĂ©es par le conflit. Lâorganisation avertit que lâinstabilitĂ© persistante pourrait aggraver la situation alimentaire dĂ©jĂ prĂ©caire pour des millions dâAfghans.
En somme, la situation au Pakistan et en Afghanistan demeure critique, avec des rĂ©percussions tragiques pour les populations civiles. Les espoirs de paix semblent s’Ă©loigner alors que les deux nations continuent de sâenliser dans un cycle de violence.