Le procès de Nicolas Zepeda s’ouvre ce mardi 17 mars 2025, marquant une nouvelle étape dans une affaire qui a déjà conduit à deux condamnations pour le meurtre de son ex-petite amie, Narumi Kurosaki. Accusé de féminicide, Zepeda, un Chilien de 36 ans, se retrouve face à la justice pour la troisième fois, après l’annulation de sa condamnation par la Cour de cassation, qui a jugé que des irrégularités avaient entaché le précédent procès.
EN BREF
- Nicolas Zepeda est jugé pour la troisième fois pour le meurtre de Narumi Kurosaki.
- Sa condamnation précédente a été annulée en raison d’irrégularités procédurales.
- Les proches de la victime expriment leur désespoir face à la prolongation de ce procès.
La Cour de cassation a annulé la condamnation de Zepeda en février 2025, en raison de manquements graves aux droits de la défense, notamment l’utilisation de preuves non communiquées à l’avance. Cette décision a créé un précédent rare dans les affaires criminelles, laissant entendre que la justice pourrait encore se pencher sur des éléments de preuve que beaucoup considéraient comme concluants.
« Je n’ai pas tué Narumi », a martelé Zepeda lors de son précédent procès, malgré les éléments accablants qui pèsent sur lui. La relation entre Zepeda et Kurosaki, qui a débuté au Japon, a pris fin lorsque la jeune femme a décidé de poursuivre ses études en France. D’après les témoignages, Zepeda a montré des comportements de jalousie maladive, allant jusqu’à espionner son ex-petite amie avant de se rendre à Besançon, où il a été accusé de l’avoir tuée.
Le soir du 4 décembre 2016, Zepeda a dîné avec Kurosaki, mais les événements qui ont suivi restent flous. Le procureur a souligné que la colère de Zepeda face à la rupture aurait pu le pousser à commettre l’irréparable. Des témoins ont rapporté avoir entendu des cris et des bruits de lutte cette nuit-là, des éléments que Zepeda a toujours niés.
Les avocats de Zepeda évoquent cette nouvelle chance comme une opportunité de prouver son innocence. Me Sylvain Cormier, l’un des avocats de la défense, a déclaré que ce troisième procès pourrait offrir des éclaircissements tant attendus. En effet, des éléments de téléphonie et de géolocalisation vont être examinés, ce qui pourrait changer le cours des débats. Zepeda, extradé du Chili en 2020, reste derrière les barreaux en attendant le verdict.
Du côté de la famille de Narumi Kurosaki, ce nouveau procès ravive des douleurs anciennes. Leur avocate, Me Sylvie Galley, a exprimé leur désespoir face à la relance de l’affaire, après tant d’années d’incertitude. « Ils pensaient pouvoir commencer leur deuil, mais tout redémarre à zéro », a-t-elle constaté. Cette situation est d’autant plus difficile qu’aucun corps n’a été retrouvé, laissant la famille sans réponses.
Le jugement de cette affaire est particulièrement complexe, car il soulève des questions sur la manière dont la justice traite les affaires de féminicide. La relance du procès de Zepeda pourrait également faire évoluer le discours sur les violences faites aux femmes, un sujet qui reste au cœur des préoccupations sociétales.
Les débats s’annoncent houleux et révélateurs. La cour devra examiner des éléments de preuve qui n’avaient pas été pris en compte lors des précédents jugements. Les avocats de la défense espèrent que ces nouveaux éléments prouveront l’innocence de Zepeda, tandis que les parties civiles continuent de réclamer justice pour Narumi Kurosaki.
Ce troisième procès est donc bien plus qu’une simple suite judiciaire. Il s’agit d’une quête de vérité pour la famille de Narumi Kurosaki et d’une nouvelle épreuve pour Nicolas Zepeda, qui espère clamer son innocence face à des accusations qui le hantent depuis près d’une décennie.