Le 18 mars, l’Iran a rendu hommage à Ali Larijani, son influent chef des services de renseignement, tué les jours précédents dans une frappe attribuée à une opération israélo-américaine. Ce jour-là, le général Amir Hatami, à la tête des forces armées iraniennes, a promis de venger cette perte, tandis que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avertissait des répercussions mondiales à venir. Dans le contexte de la guerre en cours, une question se pose : l’Iran dispose-t-il encore des capacités militaires nécessaires pour mettre en œuvre ces menaces ?
EN BREF
- Ali Larijani, chef des services de renseignement iranien, a été tué dans une frappe.
- Les capacités militaires de l’Iran sont remises en question après plusieurs semaines de conflits.
- Des experts estiment que la désorganisation des forces iraniennes pourrait affaiblir leur riposte.
Face à cette situation tendue, il est crucial de rappeler que l’Iran possède l’un des arsenaux de missiles balistiques les plus diversifiés au Moyen-Orient. Selon des données de la Defense Intelligence Agency américaine, Téhéran aurait commencé la guerre avec un stock de 2 500 à 3 000 missiles. Lors des premiers jours du conflit, ces forces ont tiré des centaines de missiles, notamment 200 le 14 juin et jusqu’à 350 le 16 juin, ce qui a conduit à une réduction significative de leur stock.
Pour compenser ces pertes, l’Iran a intensifié sa production de missiles, fabriquant des dizaines d’unités par mois. Selon le média militaire Defence Security Asia, jusqu’à 100 missiles seraient produits chaque mois, permettant à l’arsenal de revenir à environ 2 500 unités au début du conflit actuel. Ce stock se compose principalement de missiles de courte et moyenne portée, capables d’atteindre des cibles situées entre 1 000 et 3 000 kilomètres de distance. En plus de cela, l’Iran dispose également d’une flotte de 80 000 drones Shaded-136 et de plusieurs centaines de lanceurs de missiles sol-air.
Cependant, ces capacités sont atténuées par des défis majeurs. Nicole Grajewski, professeure assistante au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, a souligné que de nombreux systèmes S-300, les plus avancés de l’Iran, ont subi des dommages lors de frappes précédentes. Ainsi, les forces iraniennes se retrouvent avec des systèmes de défense affaiblis dans un contexte de guerre active.
Les premiers jours du conflit ont vu des tirs iraniens massifs, mais cette intensité a rapidement diminué. Selon des rapports, les tirs de missiles auraient chuté de 86 % après une semaine de conflit, et les lancements de drones auraient baissé de 73 % à la même période. Au fil des jours, la désorganisation de la chaîne de commandement iranienne est devenue plus évidente. Des analystes affirment que l’absence de coordination entre les différents commandants a compromis l’efficacité de leurs réponses.
Malgré ces défis, la doctrine de « défense en mosaïque », développée par les Gardiens de la Révolution, permet à des commandants provinciaux d’agir de manière autonome. Bien que cela puisse engendrer des attaques sporadiques, cela laisse également une certaine capacité de nuisance à l’Iran, qui pourrait perdurer dans le temps.
Il est essentiel de noter que les capacités de l’Iran pourraient également être affectées par les frappes américaines ciblant ses sites de production de missiles. Les États-Unis ont récemment annoncé avoir utilisé des munitions à pénétration profonde pour détruire des installations stratégiques le long des côtes près du détroit d’Ormuz. Cette situation soulève des interrogations sur la résilience des capacités militaires iraniennes et sur leur capacité à riposter efficacement.
À l’issue de ces trois semaines de conflit, le président américain Donald Trump a exprimé sa satisfaction quant aux résultats obtenus contre l’Iran, déclarant avoir détruit une grande partie de sa marine et de ses capacités balistiques. Cependant, malgré ces pertes, l’Iran garde un potentiel de riposte qui ne doit pas être sous-estimé. Les alliés des États-Unis se sont également opposés à toute intervention militaire dans la région, ce qui complique davantage la situation.
Face à cette impasse, des experts estiment qu’une désescalade négociée pourrait être la voie la plus réaliste pour résoudre le conflit, permettant ainsi à chaque partie de préserver son image tout en évitant une escalade davantage destructrice.