Vincent Bolloré devant la justice pour corruption au Togo : un procès prévu en décembre

L’affaire des « ports africains » s’apprête à connaître un nouvel épisode judiciaire. Vincent Bolloré, milliardaire français et figure emblématique du secteur des médias et de la logistique, est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption d’agent public au Togo, dans le cadre des élections présidentielles de 2010. Cette information a été confirmée par plusieurs sources, dont l’AFP et Le Monde.

EN BREF

  • Vincent Bolloré sera jugé à Paris pour corruption d’agent public au Togo en décembre 2026.
  • Les faits concernent des prestations sous-évaluées pour la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé.
  • Le milliardaire conteste les accusations après une CRPC non homologuée en 2021.

Les faits reprochés à Vincent Bolloré remontent à la campagne électorale de 2010, lorsque Faure Gnassingbé a été réélu à la présidence du Togo. Selon les accusations, l’agence de publicité Euro RSCG, désormais connue sous le nom d’Havas, aurait fourni des services à un tarif inférieur au marché pour soutenir la campagne de Gnassingbé. En contrepartie, le président togolais aurait accordé divers avantages au groupe Bolloré, incluant l’extension de la concession d’exploitation du port de Lomé et des allégements fiscaux.

L’audience devant le tribunal est programmée du 7 au 17 décembre 2026. Le parquet national financier a également confirmé ces informations. Les avocats de Bolloré ont déjà annoncé leur intention de faire appel de l’ordonnance des juges, soulignant des motifs d’ordre procédural. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations concernant la corruption en Afrique, tout en mettant en lumière les liens complexes entre les affaires et la politique.

Vincent Bolloré, âgé de 73 ans, est l’un des hommes d’affaires les plus influents de France. En 2021, lui et plusieurs de ses collaborateurs avaient tenté d’éviter un procès long et complexe en reconnaissant les faits lors d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), acceptant une amende de 375 000 euros. Cependant, le tribunal avait refusé d’homologuer cet accord, renvoyant le dossier à l’instruction, ce qui a conduit à la mise en cause actuelle.

En plus de la corruption au Togo, Vincent Bolloré est également accusé de complicité d’abus de confiance en Guinée, en lien avec la campagne présidentielle de l’ancien président Alpha Condé en 2010. Ces accusations pèsent sur lui depuis 2013, et il a été mis en examen en 2018 dans ce dossier.

Le groupe Bolloré, qui possède également des médias tels que le groupe Canal, a déjà accepté de verser une amende de 12 millions d’euros dans le cadre d’une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) pour abandonner d’autres poursuites. Les avocats de Bolloré soutiennent que la CRPC non homologuée a gravement porté atteinte à sa présomption d’innocence, rendant impossible un procès équitable.

Alors que le procès se profile à l’horizon, il soulève des questions essentielles sur l’intégrité des affaires et la transparence dans les relations entre les entreprises et les gouvernements, notamment en Afrique. Le verdict de cette affaire pourrait avoir des répercussions significatives non seulement sur la carrière de Vincent Bolloré, mais aussi sur l’image de son empire industriel.