Vincent Bolloré devant la justice en décembre pour corruption dans l’affaire des ports africains

Le milliardaire Vincent Bolloré, figure emblématique de l’industrie française et de la logistique, sera jugé à Paris en décembre 2026 pour des actes de corruption liés à l’affaire des « ports africains ». Cette affaire, qui remonte à la période de 2009 à 2011, concerne des allégations de corruption d’agent public étranger au Togo, en lien avec la campagne électorale de Faure Gnassingbé, président togolais. Le procès est programmé du 7 au 17 décembre au tribunal correctionnel de Paris, comme l’a confirmé une source judiciaire.

EN BREF

  • Vincent Bolloré jugé pour corruption d’agent public étranger au Togo entre 2009 et 2011.
  • Le procès se tiendra du 7 au 17 décembre 2026 à Paris.
  • Bolloré encourt jusqu’à 10 ans de prison et 375.000 euros d’amende.

Dans ce dossier, Vincent Bolloré est accusé d’avoir utilisé son agence de publicité, Euro RSCG (devenue Havas), pour soutenir la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé à un tarif sous-évalué. En contrepartie, des avantages ont été accordés à son groupe, comme le prolongement de la concession du port de Lomé et divers avantages fiscaux. Les juges d’instruction ont requalifié ces actions en tant que corruption d’agent public étranger.

Outre Vincent Bolloré, plusieurs autres personnalités sont également renvoyées devant la justice. Gilles Alix, ancien directeur général du groupe Bolloré, doit répondre de corruption d’agent public et d’abus de confiance au Togo et en Guinée. Jean-Philippe Dorent, ex-directeur international chez Havas, est poursuivi pour des faits similaires. Les avocats de ces prévenus ont exprimé des doutes quant à la possibilité d’un procès équitable, invoquant des problèmes procéduraux dans le traitement de l’affaire.

En 2018, Vincent Bolloré avait été mis en examen, et en 2021, il avait reconnu les faits lors d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, acceptant une amende de 375.000 euros. Cependant, cette reconnaissance n’a pas été homologuée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, qui a renvoyé le dossier à l’instruction, menant à la situation actuelle.

Les avocats de M. Bolloré soutiennent que la non-homologation de la CRPC a gravement porté atteinte à sa présomption d’innocence. Ils affirment avoir saisi la Cour européenne des droits de l’homme, arguant que le parcours judiciaire de leur client a été entaché d’irrégularités.

Des réactions diverses ont émergé suite à l’annonce de ce procès. Me Alexis Ihou, avocat de candidats malheureux à la présidentielle togolaise, a salué le bon fonctionnement de la justice en France, même pour les grandes fortunes. De leur côté, les associations anti-corruption Anticor et Sherpa ont exprimé leur satisfaction quant à la tenue du procès, espérant ainsi que la justice puisse enfin s’exercer.

En parallèle de cette affaire, le parquet national financier a reçu une plainte d’un collectif panafricain, visant Vincent Bolloré et son fils Cyrille. Cette plainte évoque des accusations de recel et de blanchiment d’actifs dans le cadre de plusieurs concessions portuaires en Afrique, notamment au Cameroun, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Togo et en Guinée.

Ce procès est un tournant majeur dans une affaire qui a déjà suscité de nombreux rebondissements et qui met en lumière les pratiques d’influence et de corruption dans le milieu des affaires en Afrique. La justice française, à travers cette procédure, montre son engagement à traiter des affaires impliquant des figures influentes du pays, mettant ainsi en avant la nécessité d’une transparence et d’une responsabilité accrues dans les relations internationales.