Le 19 mars 2026, un tragique incident s’est produit au large des côtes des Comores, entraînant la noyade d’au moins 18 migrants, principalement d’origine congolaise. Cette catastrophe maritime a été révélée par le ministre de l’Intérieur de l’État insulaire, Mohamed Ahamada Assoumani, lors d’une conférence de presse à Mitsamiouli, une ville située à la pointe nord de la Grande Comore.
EN BREF
- Au moins 18 migrants sont morts noyés près des Comores, dont deux enfants.
- Des survivants affirment avoir été trompés par des passeurs, croyant arriver à Mayotte.
- Le drame met en lumière le danger croissant lié à l’immigration clandestine dans la région.
Ce groupe de migrants tentait de rejoindre Mayotte, un département français situé dans l’archipel des Comores, et a été déposé sur un banc de sable à proximité de la plage. Les autorités comoriennes ont confirmé que c’est la première fois qu’un tel nombre de décès est enregistré parmi les migrants dans cette zone, malgré des traversées fréquentes depuis plus de cinq ans.
Selon les témoignages des survivants, les passeurs leur avaient assuré qu’ils étaient arrivés à destination. Trois autres personnes demeurent portées disparues. Les premiers corps ont été découverts par des habitants de Mitsamiouli, alertés par des cris de détresse provenant de la plage. L’un d’eux a décrit comment, alors qu’ils regardaient un match de football, ils ont entendu ces appels à l’aide et se sont précipités pour porter secours.
« Nous avons trouvé des hommes, des femmes et des enfants. Ils pensaient être arrivés à Mayotte. Le passeur les a laissés sur un banc de sable à quelques mètres de la plage, et là, ils avaient pied », a-t-il raconté. Les tentatives pour rejoindre le rivage se sont soldées par des drames, car beaucoup ne savaient pas nager, et l’eau s’est révélée plus profonde que prévu.
James Tsok Bot, représentant des Nations unies aux Comores, a déclaré que ces pertes humaines illustrent l’horreur des mouvements migratoires clandestins. « Cela montre vraiment l’aspect malheureux de ce mouvement qui est criminel », a-t-il ajouté, soulignant la responsabilité des réseaux de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des migrants.
Un survivant de 25 ans, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), a partagé son récit sur son parcours difficile. Fuyant le conflit dans la région du Nord-Kivu, il a traversé la Tanzanie avant de prendre la mer. « Le périple a duré sept jours. Au début, nous étions dans la cale du bateau. Nous avons très vite réalisé que le capitaine s’était perdu. À un moment, nous n’avions ni pain ni eau », a-t-il déclaré.
La migration vers Mayotte, qui a été intégrée à la République française en 2011 après deux référendums en 1974 et 1976, est un phénomène en hausse. Environ la moitié de la population de l’île était étrangère en 2017, selon l’institut national des statistiques. Ce contexte exacerbe les risques auxquels sont exposés les migrants, souvent désespérés de fuir des conditions de vie difficiles dans leurs pays d’origine.
Ce drame rappelle l’urgence d’aborder la question de l’immigration clandestine dans cette région, et la nécessité d’une réponse coordonnée entre les pays d’origine et de destination pour protéger les vies humaines.