François Thierry, ex-chef des stups, reconnaît des erreurs dans un procès pour trafic de drogue

Le 2 mars 2026, François Thierry, ancien chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), a comparu devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, où il est jugé pour complicité de trafic de stupéfiants. Au cours de son audition, Thierry a admis avoir commis des erreurs dans la gestion de son principal informateur, Sophiane Hambli, dont il soupçonne qu’il l’a manipulé.

EN BREF

  • François Thierry est jugé pour complicité dans un trafic de stupéfiants.
  • Il admet avoir fait des erreurs dans la gestion de son informateur.
  • Le procès est lié à une saisie record de cannabis à Paris en 2015.

Durant son interrogatoire, François Thierry, âgé de 57 ans, a tenté de justifier la stratégie appelée « Myrmidon », qu’il a mise en place durant son mandat à la tête de l’Ocrtis entre 2010 et 2016. Cette stratégie reposait sur l’infiltration des réseaux de trafiquants grâce à des informateurs, ce qui a conduit à des saisies de drogues, mais également à des situations délicates.

Le point de départ de cette affaire remonte à octobre 2015, lorsque les douanes ont intercepté une saisie record de sept tonnes de résine de cannabis à Paris. Cette opération était censée être surveillée par l’Ocrtis, mais l’accusation soutient que l’arrivée de cette drogue a été orchestrée par Sophiane Hambli, l’informateur géré par Thierry.

Face au tribunal, Thierry a exprimé ses doutes quant à la véracité des informations fournies par Hambli. « Jusqu’où m’a-t-il menti ? Je le sais. J’ai repensé à ces opérations des milliers de fois », a-t-il déclaré. Il a reconnu avoir commis des erreurs, tout en insistant sur le fait qu’il n’avait jamais eu l’intention de couvrir quoi que ce soit.

Les accusations contre lui suggèrent que sa relation avec Hambli, qui a été sa conjointe à l’époque, a franchi des limites éthiques. Le commissaire a été contraint de défendre sa position, affirmant qu’il avait toujours tenté de surveiller les opérations, tout en admettant qu’il pourrait y avoir des conséquences juridiques pour ses actions.

En 2009, Thierry avait recruté Hambli alors qu’il était en prison en Espagne. Après avoir collaboré avec les autorités, Hambli a été extradé vers la France et libéré au début de l’année 2015. Cependant, il a continué à jouer un rôle actif dans les opérations de trafic, ce qui a soulevé des questions sur la légitimité des opérations menées par l’Ocrtis.

Un autre moment marquant du procès a été lorsque l’un des associés de Hambli a décrit ce dernier comme un « chef d’entreprise » gérant un arrivage de plusieurs tonnes de cannabis. Cette déclaration a renforcé les soupçons pesant sur Thierry, qui est soupçonné d’avoir facilité l’importation de cannabis sans en informer pleinement les autorités judiciaires.

Les avocats de François Thierry ont exprimé des préoccupations concernant la compréhension des magistrats sur la nature des « livraisons surveillées ». « Quand tout va bien, ils sont contents. Quand ça va mal, ils deviennent amnésiques », a ironisé l’un des avocats, mettant en lumière la complexité des opérations de lutte contre la drogue.

Le procès se poursuivra avec d’autres interrogatoires, et les enjeux demeurent élevés tant pour Thierry que pour Hambli, dont le jugement par défaut se déroule alors qu’il est actuellement détenu au Maroc.