Arnaud Gallais, figure montante de la lutte contre les violences faites aux enfants, attire l’attention du public et des médias avec ses actions percutantes. Depuis un an, cet activiste n’hésite pas à provoquer des événements marquants pour dénoncer le silence qui entoure des affaires tragiques telles que celles de Bétharram et de Shein. Sa détermination à faire entendre la voix des victimes est alimentée par son propre passé douloureux.
EN BREF
- Arnaud Gallais est activiste et président de l’association Mouv’enfants.
- Il mène des actions médiatiques pour dénoncer les violences sexuelles faites aux enfants.
- Son engagement est nourri par son expérience personnelle de victime d’inceste.
Le 13 mars 2026, lors d’une interview, Arnaud Gallais a réaffirmé son engagement envers les enfants victimes de violences. Son approche est à la fois audacieuse et réfléchie, s’inspirant des méthodes de protestation des années 90. « Act up jetait du sang sur les murs pour interpeller sur le sida. Nous souhaitons provoquer une prise de conscience similaire concernant les abus sur les enfants », déclare-t-il avec conviction.
Gallais, âgé de 44 ans et à la tête de l’association Mouv’enfants, utilise des actions symboliques pour attirer l’attention. En mars 2025, il a interrompu une conférence de presse de l’évêque de Bayonne, dénonçant ce qu’il considère comme un « simulacre » concernant l’affaire Bétharram. Quelques mois plus tard, il a mené une action devant le BHV à Paris pour s’opposer à l’arrivée de la marque Shein, alors en pleine controverse pour des poupées sexuelles ressemblant à des enfants.
Son parcours personnel est une source de motivation inépuisable. Victime d’inceste à l’âge de huit ans, Arnaud Gallais a longtemps vécu dans le déni de ses traumatismes. Ce n’est qu’à l’âge adulte, après avoir donné naissance à son fils, qu’il a décidé de s’engager pleinement dans la lutte contre les violences faites aux enfants. Son expérience l’a conduit à devenir membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), avant de fonder Mouv’enfants.
Gallais est également à l’origine du collectif Prévenir et protéger, qu’il a créé avec Ghada Hatem, fondatrice de La Maison des femmes de Saint-Denis. Ensemble, ils travaillent pour sensibiliser le public aux dangers de la violence sexuelle et à la nécessité de protéger les plus vulnérables. Sa détermination est palpable, mais elle n’est pas sans risques. En février dernier, il a dû faire face à une hospitalisation suite à des tentatives de suicide, révélant ainsi la profondeur de sa souffrance. « Les violences sexuelles tuent parfois lentement », a-t-il déclaré, mettant en lumière la gravité de la situation.
Les réactions à son engagement sont variées. Michèle Créoff, de l’association Face à l’Inceste, exprime à la fois son admiration et ses inquiétudes pour Gallais, craignant qu’il ne se brûle les ailes dans sa lutte. De nombreuses personnalités politiques, comme la députée MoDem Maud Petit, reconnaissent son courage et sa détermination, qualifiant Gallais d' »écorché vif » au cœur immense, engagé pour les plus fragiles.
Malgré les défis, Arnaud Gallais reste convaincu de l’importance de son combat. Il souligne que plus de 11 % de la population est victime d’inceste, un chiffre qu’il souhaite réduire à zéro. « Face aux massacres de masse, nous ne devons rien lâcher », insiste-t-il, déterminé à continuer son travail de sensibilisation et d’action. À peine sorti de l’hôpital, il est déjà prêt à reprendre son combat avec la même intensité.
La lutte d’Arnaud Gallais illustre la nécessité d’une prise de conscience collective face aux violences faites aux enfants. Son parcours, marqué par un engagement personnel fort, et ses actions percutantes invitent à réfléchir sur la protection de l’enfance et la lutte contre l’impunité. La voix de ceux qui souffrent doit être entendue et soutenue, et Gallais en est devenu le porte-parole indéniable.