Nicolas Zepeda face à ses incohérences lors du procès pour le meurtre de Narumi Kurosaki

Le procès du Chilien Nicolas Zepeda, accusé de l’assassinat de son ex-petite amie japonaise, Narumi Kurosaki, a repris ce jeudi à Lyon. Ce dernier, jugé pour la troisième fois, a été confronté à des questions incisives du président de la cour, Éric Chalbos, mettant en lumière les incohérences de son récit.

EN BREF

  • Nicolas Zepeda, jugé pour le meurtre de Narumi Kurosaki, présente des incohérences.
  • Le président de la cour a anticipé l’interrogatoire de l’accusé.
  • La cour de cassation a annulé un précédent verdict pour vice de procédure.

Ce procès, qui se déroule plus de six ans après la disparition de Narumi Kurosaki, 21 ans, étudiante en France, a d’ores et déjà captivé l’attention. Les faits remontent au 4 décembre 2016, lorsque la jeune femme a été vue pour la dernière fois dans sa chambre universitaire à Besançon. Nicolas Zepeda, présent à ce moment-là en France, est suspecté d’avoir commis l’impensable et d’avoir ensuite dissimulé le corps de la victime.

Lors de ce troisième jour d’audience, Éric Chalbos a surpris l’ensemble des participants en procédant à l’interrogatoire de Zepeda bien plus tôt que prévu. Le magistrat a ainsi confronté l’accusé à ses propres déclarations faites depuis 2016, les mettant en parallèle avec les éléments matériels collectés par les enquêteurs.

Les questions posées par le président de la cour ont mis Zepeda dans une position délicate. Par exemple, il a été interpellé sur ses mensonges initiaux concernant un prétendu voyage d’études. « J’étais venu pour essayer d’avoir des réponses de Narumi après sa rupture, » a-t-il tenté d’expliquer, mais avec une hésitation palpable, illustrant son état de confusion.

La cour a également cherché à comprendre les raisons qui l’ont poussé à s’arrêter dans un sous-bois pendant plusieurs heures, juste après avoir quitté la chambre de Narumi. Zepeda a avancé qu’il avait besoin de se reposer, mais a semblé déconcerté face à la logique de sa propre défense. « Les aires d’autoroute ? C’est vrai, j’aurais pu, » a-t-il reconnu, laissant transparaître une incohérence qui n’a pas échappé à l’avocate de la famille de la victime.

Les preuves à charge contre Zepeda s’accumulent. Son achat d’un spray à javel, d’un bidon de 5 litres de combustible et d’une boîte d’allumettes a également suscité des interrogations. À cela, il a répondu que ces achats étaient destinés à nettoyer une tâche dans la voiture ou à être utilisés « au cas où je tombe en panne. » Les doutes sur la véracité de ses déclarations se sont intensifiés lorsque l’avocate a évoqué la possibilité qu’il ait rapporté la boîte d’allumettes à travers les contrôles de sécurité de l’aéroport.

Les témoignages d’étudiants ayant entendu des cris provenant du bâtiment universitaire la nuit du meurtre ajoutent une dimension troublante à l’affaire. Zepeda, quant à lui, n’a cessé de clamer son innocence, affirmant qu’il avait été en contact avec Narumi et que leur relation avait été rétablie avant sa disparition. Pourtant, son comportement pendant ces jours critiques, où il a été vu rôdant autour de l’université, soulève des questions sur ses véritables intentions.

En détention provisoire depuis son extradition en 2020, Zepeda a déjà été condamné à 28 ans de prison en 2022, peine confirmée en appel l’année suivante. Cependant, la cour de cassation a annulé ce verdict pour vice de procédure, conduisant à ce troisième procès qui pourrait définitivement trancher cette affaire complexe.

Les jours à venir s’annoncent cruciaux, et les témoignages à venir pourraient bien influer sur la décision finale de la cour. Zepeda, en pleurs, a admis avoir des rêves concernant Narumi, mais a-t-il vraiment conscience de la gravité de ses actes ? La cour devra trancher, et la mémoire de Narumi Kurosaki demeure au centre de cette tragédie.