Condamnation à perpétuité d’un ex-réfugié soudanais pour un triple meurtre à Angers

Ce vendredi, la cour d’assises du Maine-et-Loire a prononcé une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité contre Al Khawad Al Zine Sulaymane, un ex-réfugié soudanais de 36 ans, pour avoir tué trois jeunes hommes à Angers en juillet 2022. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 juillet, alors que l’accusé, sous l’influence de l’alcool, a provoqué une bagarre après avoir agressé sexuellement des jeunes filles.

EN BREF

  • Al Khawad Al Zine Sulaymane a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
  • Il a tué trois jeunes hommes après une altercation sur une esplanade d’Angers.
  • Son appel vise à obtenir une réduction de peine en raison de troubles mentaux reconnus par la cour.

Les événements tragiques ont commencé lorsque Al Zine Sulaymane, en état d’ébriété, a importuné des passants, provoquant une réaction défensive de plusieurs jeunes. Ce qui a débuté comme une simple altercation a escaladé de manière dramatique. Après le départ des secours, l’accusé est revenu sur les lieux, armé d’un couteau de 20 cm, avec l’intention manifeste de se venger. En quelques instants, il a poignardé trois jeunes hommes, âgés de 16, 18 et 20 ans, tous liés à l’altercation initiale.

L’avocate générale, lors de son réquisitoire, a souligné la brutalité des actes de l’accusé, déclarant que les victimes avaient été « exécutées » de manière préméditée et que seul un verdict de réclusion à perpétuité était justifiable au regard du cumul des crimes. Les blessures infligées étaient d’une gravité extrême, touchant des zones vitales, ce qui a entraîné un décès rapide des victimes.

Al Zine Sulaymane, qui a fui la Libye et l’Italie avant d’arriver en France, avait obtenu le statut de réfugié en 2018, statut qui lui a depuis été retiré. Son avocat, Me Charles Alexis Garo, a tenté de plaider en faveur d’une prise en compte de ses troubles mentaux, évoquant une enfance marquée par la violence. Malgré cette argumentation, la cour a reconnu une altération de son discernement sans pour autant réduire sa peine.

La décision de la cour a été accueillie avec soulagement par les familles des victimes, qui ont exprimé leur besoin de justice après une telle tragédie. Me Pascal Rouiller, avocat des parties civiles, a affirmé que la peine maximale était la seule réponse appropriée à ce drame, soulignant la nécessité de protéger la société face à de tels actes de violence.

En réaction à son verdict, Al Zine Sulaymane a annoncé son intention de faire appel, non pour contester les faits, mais pour obtenir une éventuelle réduction de peine en raison de son état mental. Son avocate, Me Valérie Castel-Pagès, a précisé que cet appel ne visait pas à raviver la douleur des familles, mais à faire valoir ses droits face à la décision de la cour.

Ce drame à Angers met en lumière des questions complexes autour de la responsabilité pénale, de la prise en charge des réfugiés, ainsi que des conséquences de la violence. La société doit maintenant réfléchir aux moyens de prévenir de tels actes et à l’accompagnement des individus en détresse.