Nicolas Sarkozy : Classement sans suite d’une enquête pour trafic d’influence en Russie

Le parquet national financier (PNF) a annoncé le classement sans suite de l’enquête visant Nicolas Sarkozy pour trafic d’influence en rapport avec ses activités de conseil en Russie. Cette décision, confirmée par le ministère public, intervient alors que l’ancien président français est actuellement impliqué dans un autre procès, celui du financement libyen de sa campagne de 2007.

EN BREF

  • Le PNF a classé sans suite l’enquête sur Nicolas Sarkozy pour trafic d’influence en Russie.
  • Sarkozy doit porter un bracelet électronique suite à sa condamnation dans l’affaire du financement libyen.
  • Les magistrats n’ont pas pu établir le périmètre des missions de Sarkozy en raison d’une coopération insuffisante de la Russie.

Selon les informations relayées par Mediapart, cette enquête avait été ouverte à l’été 2020 après un signalement du service de renseignement financier Tracfin. Elle portait sur un contrat de trois millions d’euros passé entre Nicolas Sarkozy et Reso Garantia, une société d’assurances russe, détenue par deux milliardaires, Sergueï et Nikolaï Sarkisov.

Reso Garantia, fondée en 1991, est l’une des plus grandes compagnies d’assurance en Russie, spécialisée dans l’assurance automobile et moto, avec un vaste réseau de plus de 34 000 agents et 11 millions de clients. Un partenariat significatif avait été établi en 2007 entre l’assureur français AXA et les actionnaires de Reso Garantia, AXA acquérant une participation de 36,7 % dans la société pour environ 810 millions d’euros.

Les enquêteurs du PNF n’ont cependant pas réussi à déterminer les détails des missions de Nicolas Sarkozy, une situation compliquée par ce qu’une source proche du dossier a qualifié de « coopération plus que parcellaire » de la part des autorités russes. Le PNF a justifié son classement sans suite par l’« absence d’infraction » constatée.

Me Christophe Ingrain, l’avocat de Nicolas Sarkozy, a choisi de ne pas commenter cette décision. Ce classement intervient alors que l’ancien président, déjà sanctionné par la justice, purge sa peine à la suite de sa condamnation à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen.

L’affaire du financement libyen, qui fait l’objet d’un procès en appel, accuse Nicolas Sarkozy d’avoir tenté de financer sa campagne présidentielle de 2007 avec des fonds occultes provenant de la Libye de Mouammar Khadafi. Lors de sa dernière comparution, il a une nouvelle fois nié avoir commis les faits qui lui sont reprochés.

Alors que Nicolas Sarkozy continue de naviguer dans les eaux troubles de la justice française, cette décision du PNF pourrait offrir un répit temporaire dans un contexte judiciaire complexe. Toutefois, les implications de ses autres affaires continuent de peser sur sa réputation et son avenir politique.