Ce samedi 21 mars, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OEAI) a dénoncé des frappes menées par les États-Unis et Israël visant le complexe nucléaire de Natanz, situé au cœur de l’Iran. Ce site, symbole de la puissance nucléaire iranienne, a été l’objet de tensions croissantes entre Téhéran et les puissances occidentales, notamment depuis le début des hostilités le 28 février.
EN BREF
- Des frappes contre le site de Natanz ont été dénoncées par l’Iran.
- Israël n’a pas confirmé son implication dans ces attaques.
- Les tensions entre l’Iran et les États-Unis persistent malgré des appels à la retenue.
Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse Tasnim, l’OEAI a affirmé que « suite aux attaques criminelles perpétrées par les États-Unis et le régime sioniste usurpateur contre notre pays, le complexe d’enrichissement de Natanz a été ciblé ce matin ». L’agence a également précisé qu’« aucune fuite de matières radioactives n’a été signalée » dans la zone, une déclaration qui a suscité des réactions au sein de la communauté internationale.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a appelé à la « retenue militaire », alors que la situation en Iran demeure tendue. Les frappes contre Natanz, si elles sont confirmées, pourraient indiquer une intensification des hostilités entre l’Iran et ses adversaires. Pour l’instant, l’armée israélienne n’a pas validé ces accusations. En réponse à une question de BFMTV, le porte-parole de l’armée, Olivier Rafowicz, a indiqué : « Je ne confirme pas du tout, pour l’instant, aucune frappe tel que vous me le demandez. »
Les autorités israéliennes reconnaissent cependant que leur campagne vise des objectifs précis, notamment le régime iranien et ses programmes balistiques et nucléaires. Le site de Natanz n’est pas étranger à l’histoire des frappes militaires, car il avait déjà été ciblé en juin 2025, lors d’opérations qui visaient à « détruire » les capacités nucléaires de l’Iran, accusé d’enrichir de l’uranium à des fins militaires.
De son côté, Téhéran rejette ces accusations, affirmant son droit à développer un programme nucléaire civil. Les tensions autour de l’atome sont au cœur des relations entre l’Iran et les États-Unis, entravant les pourparlers qui avaient été envisagés ces derniers mois.
Ce samedi, l’Iran célèbre l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois de ramadan, mais l’ambiance est lourde. De nombreux fidèles ont assisté à des prières à la Grande Mosquée de l’Imam Khomeini à Téhéran, alors que des frappes ont été signalées dans plusieurs quartiers de la capitale. Selon l’agence Fars, la ville d’Ispahan a également été touchée.
Du côté israélien, l’armée a confirmé avoir mené des attaques contre des « cibles du régime » dans la capitale iranienne. Si les frappes contre Natanz étaient confirmées par Washington et Tel Aviv, elles témoigneraient d’une volonté claire d’éliminer la menace nucléaire que représente l’Iran. Trois semaines après le début de la guerre, Donald Trump a évoqué pour la première fois la possibilité d’une fin de conflit, déclarant sur son réseau Truth Social : « Nous sommes sur le point d’atteindre nos objectifs ». Il a également mentionné une réduction graduelle des efforts militaires américains.
Cependant, les communications des responsables américains et israéliens laissent entendre que les attaques pourraient se poursuivre. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a averti que « l’intensité des frappes » israélo-américaines allait « augmenter considérablement » dans les jours à venir, visant les infrastructures du régime iranien.
Donald Trump a écarté l’idée d’un cessez-le-feu, tandis que la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé que le président et le Pentagone estiment qu’il faudra « entre quatre et six semaines pour achever la mission ». Par ailleurs, des médias américains rapportent un possible déploiement de forces militaires supplémentaires dans la région, et des opérations futures visant les infrastructures nucléaires iraniennes ne sont pas exclues.
Cette escalade militaire soulève des questions sur les intentions réelles des États-Unis et d’Israël. Alors que l’option de récupérer les stocks d’uranium iranien enrichi est à l’étude, les risques liés à une telle opération demeurent élevés, notamment en raison de la difficulté de manipulation des matières radioactives. Karoline Leavitt a d’ailleurs déclaré que « l’option reste sur la table ».