Ce dimanche 22 mars 2026, la Belgique commémore le dixième anniversaire des attentats jihadistes qui ont frappé Bruxelles en 2016. Un événement marquant qui a laissé des cicatrices profondes dans le pays. Les autorités belges ont pris des mesures significatives pour renforcer la sécurité et la lutte contre le terrorisme, apprenant des leçons du passé.
EN BREF
- La Belgique rend hommage aux 32 victimes des attentats de 2016.
- Les commémorations se déroulent au même endroit et à la même heure que les attaques.
- Les autorités mettent en avant les progrès réalisés en matière de sécurité depuis dix ans.
Les attentats-suicides, revendiqués par l’organisation État islamique (EI), avaient causé la mort de 32 personnes et blessé plus de 300 autres. Ces attaques, survenues à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et dans le métro de Maelbeek, sont considérées comme les plus meurtrières de l’histoire du pays. Leur réalisation a été précipitée par l’arrestation de Salah Abdeslam, un des principaux suspects des attentats de Paris, quatre jours plus tôt.
À l’heure précise où les explosions avaient eu lieu il y a dix ans, toute la Belgique s’est rassemblée pour se souvenir des victimes. Les premières commémorations ont débuté à 08H00 à l’aéroport, suivies par un hommage à la station de métro Maelbeek, devant un public nombreux et ému.
L’hommage national, orchestré par le Premier ministre Bart De Wever en présence du couple royal, Philippe et Mathilde, a culminé avec des discours et des témoignages poignants de rescapés. Parmi eux, Christelle Giovannetti, blessée dans l’attaque du métro, a exprimé son engagement à participer à chaque commémoration, soulignant l’importance de la mémoire dans le processus de guérison.
Toutefois, cet anniversaire est également marqué par un contexte de tension international, avec la guerre au Moyen-Orient et une menace terroriste persistante en Belgique. Les autorités restent vigilantes, le niveau de menace étant maintenu à 3 sur 4, suite à l’attaque d’un Tunisien radicalisé en octobre 2023, qui avait causé la mort de deux supporters de football suédois.
Le directeur de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam), Gert Vercauteren, a fait état des progrès réalisés en matière de sécurité depuis les tragiques événements de 2016. Il a reconnu les « ratés » du passé, notamment les manquements dans le partage des informations entre les différentes agences de sécurité. Aujourd’hui, les effectifs de renseignement ont été considérablement augmentés, et une base de données commune sur les profils extrémistes est désormais accessible à tous les services concernés.
Cette banque de données recense plus de 500 extrémistes suivis prioritairement, dont une majorité pour des activités liées à l’extrémisme islamiste. Ces efforts visent à prévenir d’éventuelles nouvelles attaques et à assurer la sécurité de la population belge.
Cependant, le chemin vers la guérison n’est pas encore achevé pour certaines victimes. Plusieurs d’entre elles ont fait état de leurs difficultés à faire reconnaître leurs séquelles, qu’elles soient physiques ou psychiques. Cela entrave leur droit à des indemnisations, comme l’a admis récemment le ministre de la Défense, Theo Francken, en reconnaissant une « grave erreur » dans le traitement des demandes d’indemnités de certaines victimes.
Alors que la Belgique se souvient des événements tragiques de 2016, elle se projette vers l’avenir, avec la ferme intention de ne pas laisser le passé se répéter. Les commémorations de ce dimanche témoignent d’une résilience collective, d’une volonté de solidarité et d’un engagement à ne jamais oublier.