Flavel, un homme de 35 ans, a décidé de briser le silence et de raconter son expérience traumatisante suite à son interpellation violente par la police à Noisiel, survenue le 16 mars dernier. Dans un témoignage poignant, il déclare : « Je suis soulagé, parce que s’il n’y avait pas de vidéos, on ne m’aurait jamais cru. » Sa voix est désormais relayée par les médias après la diffusion de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux.
EN BREF
- Flavel a été violemment interpellé près d’un poste de police à Noisiel.
- Des vidéos de l’incident montrent des violences policières inquiétantes.
- Une enquête de l’IGPN a été ouverte pour examiner ces actes.
Ce soir-là, Flavel s’était arrêté pour commander à manger. En entendant des bruits à l’extérieur, il s’est approché et a constaté que des feux d’artifice étaient tirés en direction des locaux de la police municipale. Selon le procureur de la République de Meaux, les forces de l’ordre étaient confrontées à des actes de violence inacceptables, avec des projectiles, y compris des mortiers d’artifice, visant les policiers présents sur place.
« Je vois des policiers arriver derrière moi. Ils nous crient : “Cassez-vous !” Je ne réalise pas tout de suite qu’il s’agit de policiers. Je commence à partir, mais un agent très agressif s’avance vers moi. Je lui dis que je vais simplement manger, mais je vois dans son regard qu’il ne veut rien entendre », relate Flavel. Face à la pression, il hésite à fuir, craignant que cela soit interprété comme une culpabilité.
La violence s’est alors intensifiée. Flavel raconte : « Il commence à m’enchaîner, j’essaie de me protéger, puis je me mets à courir. En fuyant, je tombe sur un autre policier qui pointe son Flash-Ball sur moi. » Il se laisse finalement faire, mais subit de nombreux coups, y compris un qui lui a causé une grave blessure à la tête. « Je vois des étincelles et quelque chose qui explose à côté de mon visage », se remémore-t-il, faisant référence à la grenade lacrymogène utilisée par les policiers.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux corroborent ses dires, montrant des scènes de violence au moment de son interpellation. Après avoir subi des coups, Flavel perd connaissance. Il est ensuite traîné par un policier avant d’être conduit au commissariat et placé en garde à vue.
Flavel a été accusé de « participation à un attroupement armé », de « violences envers des personnes dépositaires de l’autorité publique » et de « dégradation de biens publics ». Ces accusations sont toutefois remises en question par la vidéo du déroulement des faits, qui ne montre pas une agression initiale de sa part.
Une enquête a été ouverte par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) pour examiner les violences commises. Pierre Brunisso, l’avocat de Flavel, a exprimé son inquiétude face à la gravité des actes : « Les violences commises sont d’une extrême gravité. Nous espérons que des mesures provisoires seront prises pour empêcher les policiers impliqués de continuer à exercer. »
Trois jours après les faits, Flavel s’est rendu à l’IGPN pour déposer une plainte pour « violence volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique », ainsi que pour d’autres délits tels que « faux en écriture publique » et « agression sexuelle ». Son témoignage, désormais médiatisé, soulève des questions cruciales sur l’usage de la force par les forces de l’ordre et la nécessité d’une transparence dans les enquêtes sur des actes de violence policière.
La situation met en lumière non seulement des actes de violence potentiels au sein des forces de l’ordre, mais également le rôle des nouvelles technologies dans la documentation de ces incidents. Ces vidéos, qui ont circulé massivement, deviennent des éléments cruciaux dans la quête de justice pour les victimes de violences policières.