Trafic maritime en chute libre dans le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit

Le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique reliant le golfe Persique à l’océan Indien, connaît une crise sans précédent depuis le début des hostilités entre l’Iran et les forces américano-israéliennes. Les chiffres sont alarmants : le trafic maritime a chuté de 95 % depuis le 28 février, entraînant des conséquences significatives pour le commerce mondial.

EN BREF

  • Chute de 95 % du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre.
  • Majorité des navires en transit sont iraniens, grecs et chinois.
  • 98 % du pétrole transitant par le détroit provient d’Iran, principalement à destination de la Chine.

Au cours des trois premières semaines de mars, seuls 124 navires ont réussi à traverser le détroit, selon les données de Kpler. Ce chiffre représente une diminution dramatique par rapport aux niveaux normaux. Parmi ces traversées, plus de la moitié étaient des pétroliers, dont la majorité se dirigeaient vers l’est, notamment vers des pays asiatiques.

Navires sous sanctions

Il est important de noter que plus de 40 % des navires qui transitent par le détroit d’Ormuz sont soumis à des sanctions imposées par les États-Unis, l’Europe ou le Royaume-Uni. Cette situation complique davantage le commerce maritime, alors que la majorité des pétroliers et méthaniers en circulation sont également sous sanctions.

Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List, a souligné lors d’une conférence de presse que, malgré le contrôle iranien sur la région et l’exportation de son pétrole, le trafic maritime reste largement au point mort. « Nous avons toutefois constaté une légère augmentation du nombre de méthaniers en circulation la semaine dernière », a-t-il ajouté, notant que les navires iraniens dominent le passage.

Les acteurs du trafic maritime

Les navires iraniens représentent la majorité des traversées, suivis par les navires grecs, qui ont constitué 18 % des passages, et les navires chinois, 10 %. En dépit de ces chiffres, les analystes s’inquiètent de l’impact à long terme de cette situation sur le marché mondial de l’énergie.

Un rapport de JPMorgan révèle que 98 % du pétrole transitant par le détroit provient d’Iran, avec une moyenne de 1,3 million de barils par jour. Ce volume représente une part significative du pétrole et du gaz naturel liquéfié circulant globalement, en temps de paix, un cinquième de ces ressources traverse habituellement le détroit.

Collaboration entre pays

Des discussions ont lieu entre plusieurs gouvernements, dont la Chine, l’Inde, le Pakistan, l’Irak et la Malaisie, pour coordonner les transits de navires avec l’Iran. Certains navires, comme ceux affrétés par l’Inde et le Pakistan, empruntent des itinéraires plus proches des côtes iraniennes, avec l’approbation des autorités iraniennes.

Richard Meade a mentionné qu’au moins neuf navires ont récemment utilisé un « couloir » près de l’île de Larak, où ils sont inspectés par les Gardiens de la Révolution iraniens. Cette coopération pourrait offrir une certaine flexibilité dans les opérations maritimes, malgré le climat d’incertitude qui prévaut dans la région.

La situation dans le détroit d’Ormuz demeure donc critique et pourrait avoir des répercussions durables sur le commerce maritime international, ainsi que sur les marchés de l’énergie à l’échelle mondiale. La communauté internationale suit de près l’évolution de ce passage clé, qui reste au cœur des enjeux géopolitiques actuels.