Les élections législatives en Slovénie ont vu le parti libéral du Premier ministre sortant, Robert Golob, se hisser légèrement en tête, selon un sondage réalisé à la sortie des urnes ce dimanche. Son mouvement, le Mouvement pour la liberté (GS), aurait obtenu 29,9 % des voix, devançant ainsi le Parti démocratique slovène (SDS) de l’ancien Premier ministre pro-Trump Janez Jansa, crédité de 27,5 %.
EN BREF
- Robert Golob arrive légèrement en tête des élections législatives slovènes.
- Janez Jansa, ancien Premier ministre, suit de près avec une campagne axée sur les valeurs traditionnelles.
- Aucune des deux formations ne semble en mesure d’obtenir une majorité absolue.
Cette légère avance de M. Golob est le fruit d’une campagne efficace, marquée par des mesures populaires telles que la revalorisation des pensions de retraite et la mise en place d’une prime de Noël obligatoire. De plus, le contexte international, notamment la guerre en Iran, a permis aux partis de gauche de trouver un écho favorable auprès des électeurs, tandis que la proximité de M. Jansa avec le président américain Donald Trump l’a contraint à adopter une posture plus réservée.
Face aux résultats préliminaires, aucun des deux camps ne semble en mesure de former un gouvernement majoritaire dans les 90 sièges de la chambre basse du parlement, le Drzavni Zbor. M. Jansa a réagi en déclarant qu’il ne tenterait pas de former un gouvernement si ces résultats se confirmaient, incitant ceux qui souhaitent un changement à attendre les résultats définitifs.
Âgé de 67 ans, M. Jansa a mené une campagne centrée sur le retour aux « valeurs slovènes », en promettant de restreindre le financement public à certaines ONG. Il a également mis en avant un retour aux valeurs traditionnelles de la famille. Sa gestion, marquée par des tensions avec l’Union européenne et des accusations de dérive illibérale, a alimenté des manifestations durant son précédent mandat.
En contraste, Robert Golob, ancien dirigeant d’entreprise dans le secteur de l’énergie, a dirigé une coalition de centre-gauche prônant l’inclusion sociale et a été un fervent défenseur des droits des couples de même sexe, ayant légalisé le mariage et l’adoption pour ces derniers dans ce pays de 2,1 millions d’habitants.
Lors d’un débat télévisé, M. Golob a affirmé : « Pour ceux qui aiment la Slovénie sous le soleil de la liberté, le choix est très clair ». Les préoccupations des électeurs sont palpables, comme l’illustre le témoignage d’Anica Vranjak, une retraitée de Arnace, qui a exprimé ses inquiétudes quant à l’avenir des caisses de l’État.
À l’international, M. Golob a fermement condamné la guerre en Ukraine, un point sur lequel il partage une position similaire avec M. Jansa, tout en se démarquant sur d’autres sujets tels que la reconnaissance de l’État de Palestine.
La campagne a été marquée par l’affaire Black Cube, une société de renseignement israélienne impliquée dans des allégations de corruption visant le gouvernement sortant. Bien que M. Jansa ait reconnu avoir rencontré des membres de cette société, il a nié toute implication dans la diffusion d’enregistrements compromettants.
Enfin, sous la direction de M. Golob, la Slovénie a pris des positions audacieuses sur la scène européenne, étant l’un des rares pays à qualifier les actions israéliennes à Gaza de « génocide ».