Marseille : avancées dans l’enquête sur l’assassinat de Mehdi Kessaci avec dix gardes à vue

Les circonstances entourant l’assassinat de Mehdi Kessaci, jeune homme de 20 ans tué à Marseille le 13 novembre 2025, prennent un tournant significatif. L’enquête, qui avait suscité une vive émotion dans la cité phocéenne, a récemment abouti à l’interpellation de dix individus, dont le frère de la victime, Amine Kessaci, un militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic.

EN BREF

  • Dix personnes en garde à vue dans l’enquête sur la mort de Mehdi Kessaci.
  • Amine Kessaci, frère de la victime, élu au conseil municipal de Marseille.
  • Le narcobanditisme a causé 17 décès à Marseille en 2025, un chiffre en baisse.

Mehdi Kessaci a été abattu de plusieurs balles en plein après-midi, un acte choquant qui a secoué la communauté locale. Il était totalement étranger au monde du trafic de drogue, ce qui a accentué l’horreur de son meurtre. Quatre mois après cet événement tragique, le parquet national anti-criminalité organisée a conduit des opérations qui ont abouti à l’arrestation de huit hommes et deux femmes dans la région marseillaise et dans l’Hérault.

Ce coup de filet est le résultat d’une enquête menée par une équipe de magistrats spécialisés, créée en janvier 2025. Les accusations portées contre les personnes mises en garde à vue portent sur leur implication dans la logistique de l’assassinat. L’enquête s’annonce complexe, et l’affaire Kessaci est désormais l’un des dossiers prioritaires pour les autorités judiciaires.

La famille Kessaci a déjà connu un drame similaire avec la mort de Brahim, le grand frère de Mehdi, en 2020. Brahim, impliqué dans le trafic, avait été retrouvé carbonisé. Amine, son frère, devenu un symbole de la lutte contre les violences liées au narcotrafic, vit sous protection policière depuis l’été dernier. Sa récente élection au conseil municipal, en tant que membre d’une liste de gauche, témoigne de son engagement et de sa détermination à poursuivre le combat pour la justice.

Lors de son élection, Amine Kessaci a dédié sa victoire à son petit frère Mehdi, affirmant que cette reconnaissance était aussi pour lui. Cette prise de parole a résonné comme un message fort contre la violence et pour la mémoire de ceux tombés dans cette guerre des gangs.

Ce développement intervient au moment où un procès d’une grande ampleur s’ouvre à Aix-en-Provence, où deux présumés chefs de la DZ Mafia sont jugés pour un double assassinat survenu en 2019. Dans le box des accusés se trouve Amine Oualane, un des suspects potentiels dans l’affaire Kessaci. Ce dernier est également impliqué dans d’autres affaires de violence, notamment celle du demi-frère de Mehdi, Brahim Chabane, tué lors d’un triple homicide qui a été perçu comme un tournant dans les violences liées au narcotrafic à Marseille.

Les autorités évaluent que le narcobanditisme a causé la mort de 17 personnes à Marseille en 2025, un chiffre qui marque une baisse par rapport aux années précédentes. En effet, après un triste record de 49 décès en 2023, la situation semblait s’améliorer légèrement, malgré les luttes de pouvoir entre gangs pour le contrôle des points de deal.

En mars, la justice avait lancé une vaste offensive contre la DZ Mafia, avec l’interpellation de 42 personnes, dont plusieurs figures de proue de cette organisation criminelle. Ce dispositif, qui a mobilisé 900 gendarmes, a abouti à 26 mises en examen, une opération qui montre l’engagement des autorités à lutter contre ce fléau.

Bien que les efforts pour endiguer la violence liée au narcotrafic semblent porter leurs fruits, l’affaire Mehdi Kessaci rappelle à tous que la lutte est loin d’être terminée. La mémoire de ce jeune homme innocent reste gravée dans les esprits, et son histoire continue d’alimenter le désir de changement au sein de la société marseillaise.