Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son 25e jour, les répercussions économiques à l’échelle mondiale se font de plus en plus sentir. Le marché du pétrole, en particulier, est au cœur des préoccupations, tandis que des mesures drastiques sont mises en place dans plusieurs pays pour faire face à la montée des prix.
EN BREF
- Les prix du pétrole fluctuent suite aux déclarations de Donald Trump sur l’Iran.
- Le Japon libère ses réserves stratégiques de pétrole pour faire face à la crise.
- Des inquiétudes grandissantes concernant les pénuries d’énergie en Asie et ailleurs.
Le lundi 20 mars, les cours du pétrole ont enregistré une chute notable. Cette situation a été largement influencée par l’annonce de Donald Trump concernant un report des frappes contre les centrales électriques iraniennes, ainsi que des discussions jugées positives avec Téhéran sur une cessation des hostilités. Malgré un démenti de l’agence iranienne Mehr, les marchés ont réagi, entraînant une baisse du prix du Brent, qui est brusquement tombé sous la barre des 100 dollars le baril avant de remonter légèrement à 103,77 dollars (+3,83%) vers 03H40 GMT. De même, le cours du WTI a enregistré une variation similaire, chutant à moins de 90 dollars avant de se stabiliser à 91,48 dollars.
La prudence demeure de mise sur les marchés, notamment en raison des perturbations économiques déjà en cours. Michael Wan, analyste chez MUFG, souligne que l’incertitude persiste, notamment à cause des risques de pénuries d’énergie résultant de la fermeture du détroit d’Ormuz. Les discussions à venir pourraient s’avérer complexes, même si un scénario catastrophique semble avoir été écarté pour l’instant.
Mesures prises par le Japon
Face à la crise énergétique, le Japon a décidé de libérer une partie de ses réserves stratégiques de pétrole. La Première ministre, Sanae Takaichi, a annoncé que cette mesure entrerait en vigueur à partir de jeudi, afin de garantir un approvisionnement suffisant en produits pétroliers pour le pays. Cette décision fait suite à l’utilisation de réserves équivalentes à 15 jours par le secteur privé, complétée par une annonce de mise sur le marché d’un mois de réserves gouvernementales.
Il est important de noter que le Japon dépend à 95% du Moyen-Orient pour ses importations de pétrole, ce qui rend la situation particulièrement préoccupante pour l’archipel.
Inquiétudes dans le secteur pétrogazier
Lors de la conférence CERAWeek à Houston, Mike Wirth, le PDG de Chevron, a exprimé des préoccupations quant à l’approvisionnement en pétrole en Asie, affirmant que le blocage du détroit d’Ormuz n’avait pas encore été pleinement pris en compte dans les prix du pétrole. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a également mis en garde contre des prix très élevés pour le gaz naturel liquéfié si la situation perdurait.
Sultan Al Jaber, patron d’Adnoc, a dénoncé le blocage du détroit d’Ormuz comme un acte de « terrorisme économique » et a appelé à ne pas permettre qu’un pays puisse prendre cette voie maritime en otage.
Réactions des États-Unis et autres pays
Face à la hausse des prix à la pompe, le gouvernement américain, par l’intermédiaire du ministre de l’Énergie, Chris Wright, a tenté de rassurer la population en affirmant que les perturbations étaient temporaires. Wright a déclaré que, malgré les turbulences à court terme, les avantages à long terme seraient significatifs.
Dans un contexte global, le Chili a annoncé une augmentation historique des prix des carburants, le prix du litre d’essence passant de 1,3 à 1,7 dollar, en réponse à l’envolée des cours du pétrole. Parallèlement, aux Philippines, la ministre de l’Énergie a prévu d’augmenter la production des centrales à charbon pour compenser les perturbations des livraisons de pétrole.
En Ukraine, des experts s’inquiètent d’une possible pénurie de diesel dès le mois d’avril. Cela a conduit le président Volodymyr Zelensky à ordonner la garantie d’un approvisionnement stable en diesel, alors que le pays reste très dépendant des importations en raison des dommages subis par ses raffineries.
Dans ce contexte tendu, les acteurs économiques et politiques restent en alerte, surveillant l’évolution de la situation au Moyen-Orient et ses effets potentiels sur les marchés mondiaux.