Les récents événements sur les marchés financiers américains ont soulevé des questions d’intégrité autour de l’entourage de Donald Trump. Un article publié le 24 mars par le Financial Times rapporte des transactions boursières suspectes qui ont eu lieu juste avant une déclaration du président sur le réseau social Truth. Cette annonce concernant des « discussions sérieuses » avec l’Iran a conduit à une chute des prix du pétrole, tout en faisant grimper les indices boursiers.
EN BREF
- Des transactions boursières inhabituelles ont eu lieu avant une annonce de Donald Trump.
- Les échanges ont eu lieu 15 minutes avant le post du président, impliquant 580 millions de dollars.
- Des soupçons de manipulation de marché persistent autour de l’entourage de Trump.
Les chiffres avancés par le Financial Times montrent qu’entre 6h49 et 6h50, 6200 contrats à terme portant sur le Brent et le WTI ont été échangés, montant à environ 580 millions de dollars. Nicolas Chéron, analyste boursier, souligne que ces volumes sont quatre à six fois plus élevés que la moyenne habituelle à ces horaires. Toutefois, il reste difficile de déterminer l’identité des acteurs derrière ces transactions.
En parallèle, une position de 1,5 milliard de dollars a été ouverte sur l’indice S&P, réalisant un gain de 60 millions de dollars. Ces mouvements financiers soulèvent d’importantes interrogations éthiques. Robin Hanson, professeur d’économie à l’université de George Mason, rappelle que dans le monde des affaires, l’information est essentielle. Savoir anticiper les mouvements du marché peut mener à des gains considérables.
Le délit d’initié, défini comme le fait de profiter d’informations non publiques pour réaliser des transactions boursières, est sévèrement puni en France. Il peut entraîner jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et des amendes de 100 millions d’euros. Les récentes transactions sur les marchés financiers américains ne sont pas un cas isolé. Elles s’inscrivent dans une série d’incidents similaires qui se sont multipliés ces derniers mois, juste avant des annonces officielles.
Ce n’est pas la première fois que des soupçons de délit d’initié entourent Donald Trump. En avril 2025, son annonce surprise concernant une pause des droits de douane avait conduit à une augmentation spectaculaire de 12 % du Nasdaq, un record en plus de 20 ans. Dans ce contexte, des élus démocrates avaient déjà réclamé une enquête sur de possibles manipulations de marché.
La Securities and Exchange Commission (SEC) est l’organisme compétent pour mener ces investigations. Cependant, l’efficacité de cet organisme est mise en question. Nicolas Chéron évoque la démission récente d’une membre de la SEC, Margaret Ryan, qui a quitté ses fonctions après avoir été empêchée d’explorer des poursuites contre des membres de l’entourage présidentiel.
Les soupçons de délit d’initié ne se limitent pas seulement aux marchés boursiers, mais s’étendent également aux sites de paris prédictifs, tels que Kalshi et Polymarket, beaucoup moins régulés aux États-Unis qu’en Europe. Ces dernières semaines, des comptes ayant parié sur des opérations militaires américaines en Iran ont réalisé des gains importants, soulevant de nouvelles interrogations sur l’éthique de ces activités.
Bien que Donald Trump et son entourage ne soient pas formellement accusés de délit d’initié, la Maison Blanche a réagi à ces suspicions. Le porte-parole Kush Desai a affirmé que « la Maison Blanche ne tolère pas qu’un membre de l’administration puisse tirer profit illégalement d’informations privilégiées » et a qualifié les allégations de « sans fondement » et de « journalisme irresponsable ». En réponse, les démocrates ont lancé une pétition visant à interdire aux présidents, vice-présidents et à leurs familles de posséder ou échanger des actions.
La complexité de la situation actuelle souligne l’interconnexion entre politique et finance, et la nécessité d’une transparence accrue dans les transactions financières. Les investigations à venir pourraient révéler des éléments cruciaux sur l’intégrité des marchés et les comportements des acteurs politiques.