Procès de Théo Denner : 20 ans de réclusion requis pour chantage sexuel sur adolescents

Le procès de Théo Denner, un jeune homme de 25 ans accusé de chantage sexuel, a eu lieu ce mardi à Besançon. L’avocat général, Jérémy Lhadi, a requis une peine d’emprisonnement de 20 ans, dont deux tiers de sûreté. L’accusé, qui se présentait sous un faux profil féminin sur les réseaux sociaux, aurait piégé 42 adolescents, dont certains ont subi des violences sexuelles.

EN BREF

  • Théo Denner accusé d’avoir piégé 42 adolescents en se faisant passer pour une femme.
  • 20 ans de réclusion criminelle requis, avec deux tiers de sûreté.
  • Des victimes évoquent des agressions sexuelles, y compris des viols.

Un profil trompeur pour mieux piéger

Théo Denner a créé un profil sur les réseaux sociaux sous le nom d’Aurélie, une bûcheronne séduisante qui entretenait des échanges avec les jeunes hommes de son entourage. Selon l’accusation, Denner a manipulé ces adolescents en leur demandant de lui envoyer des photos intimes, tout en les menaçant de révéler ces images s’ils ne se soumettaient pas à ses demandes. L’avocat général a décrit ce comportement comme celui d’un « chasseur sexuel », soulignant la prémeditation et le plaisir que Denner semblait éprouver dans cette traque.

Un témoignage glaçant

Lors de son procès, Denner a reconnu les faits, affirmant qu’il ne fuyait pas sa responsabilité. Ses avocats, Baptiste Monnot et Jules Briquet, ont tenté de dresser un portrait plus nuancé de leur client, le qualifiant de « gamin perdu » plutôt que de prédateur. Ils ont mis en avant sa difficulté à gérer son homosexualité dans un contexte familial où celle-ci était rejetée. « Approcher quelqu’un avec un profil de femme, c’était plus facile pour moi », a déclaré Denner, soulignant les complexités de sa vie personnelle.

Les conséquences dévastatrices

Le nombre de victimes dans cette affaire est particulièrement alarmant. Parmi les 42 adolescents concernés, six ont rapporté des viols, une dizaine d’agressions sexuelles et d’autres ont subi des harcèlements. Jean-Baptiste Euvrard, avocat de plusieurs victimes, a déclaré que Denner avait « ravagé une communauté », laissant derrière lui des jeunes « cassés, brisés » par ses actes. La déclaration de l’avocat général indique qu’il existe probablement d’autres victimes qui n’ont pas encore osé se manifester.

Un procès révélateur

Ce procès met en lumière non seulement les actes de Denner, mais également le silence qui entoure de tels crimes dans certaines communautés. L’avocat général a évoqué « le procès du silence », soulignant comment la honte et la peur empêchent les victimes de parler. Ce phénomène, souvent observé dans des milieux ruraux, complique la détection et la dénonciation de tels abus.

Le verdict de la cour criminelle du Doubs est attendu mercredi. En attendant, cette affaire continue de choquer et de soulever des questions sur la protection des jeunes contre de tels prédateurs.