Montargis : l’élection du maire RN Côme Dunis suscite des réactions contrastées

Le 23 mars 2026, Côme Dunis, un ancien membre des « gilets jaunes », a été élu maire de Montargis, une ville du Loiret, lors d’un scrutin municipal qui marque une étape significative pour le Rassemblement national (RN) dans les villes moyennes. À 36 ans, Dunis a remporté son poste lors d’une élection serrée, avec seulement 59 voix d’écart, un signe de l’implantation croissante du parti de Marine Le Pen dans des localités où il était jusqu’alors peu représenté.

EN BREF

  • Côme Dunis, ancien gilet jaune, élu maire de Montargis avec 34,64 % des voix.
  • Des réactions partagées parmi les habitants face à l’arrivée du RN à la mairie.
  • Des préoccupations concernant l’impact sur l’équilibre social et la sécurité dans la ville.

Ce lundi matin, au lendemain de son élection, Côme Dunis a fait une première apparition dans les rues de Montargis, accompagné de membres de son équipe. Le nouveau maire a exprimé sa légitimité, malgré une division marquée parmi les habitants. Lors de cette élection, il a battu le maire sortant, Benoît Digeon (Les Républicains), qui a terminé en troisième position, tandis que la liste de gauche a pris la seconde place. Bruno Nottin, représentant de l’union de la gauche, a souligné que « deux tiers des Montargois n’ont pas voulu de l’extrême droite », mettant en lumière la polarisation des opinions.

Les priorités de Dunis, axées sur la sécurité et la lutte contre le trafic de drogue, sont des thèmes récurrents du Rassemblement national. Il a promis d’augmenter les effectifs de la police municipale, en réponse à des préoccupations croissantes sur la sécurité nocturne à Montargis. « La majorité se prive de ses libertés à cause d’une minorité de personnes », a déclaré un membre de son équipe, soulignant le sentiment d’insécurité qui traverse certains quartiers.

Dans les cafés et restaurants de la ville, les avis divergent. Certains habitants, comme Serge Diot, un ancien militaire, voient d’un bon œil l’élection de Dunis. Ils évoquent un besoin de remettre de l’ordre dans la ville, tandis que d’autres expriment des craintes quant à la montée du racisme et de la haine. Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, a averti que l’ascension du RN pourrait « instaurer un climat de haine », une crainte partagée par de nombreux Montargois.

Les discours autour de l’élection de Côme Dunis révèlent une ville divisée. D’un côté, des partisans qui espèrent un changement positif et, de l’autre, des citoyens inquiets d’un retour aux tensions raciales. « Hier encore, on m’a traité de bougnoule », a déclaré Farid Brigui, un habitant d’origine algérienne, qui a voté pour la gauche. Il a noté que le racisme était déjà présent, mais il craint qu’une victoire du RN ne l’accentue davantage.

Les événements de 2023, avec les émeutes liées à la mort de Nahel, ont également laissé une empreinte sur le climat électoral. Ils ont contribué à une perception d’insécurité qui a pu favoriser le vote pour le RN, comme l’ont signalé plusieurs habitants. Chloé Juillot, une jeune mère, a exprimé son désarroi face à cette situation, redoutant que le RN ne devienne un acteur incontournable lors des prochaines élections, notamment la présidentielle de 2027.

Malgré les tensions, certains citoyens tentent de dépasser les clivages. Anthony Chapat, éducateur socio-sportif, insiste sur la nécessité de dépasser les préjugés et de se concentrer sur les problèmes locaux. Son témoignage met en lumière la complexité des opinions, où certains voient en Dunis un élu à l’écoute des besoins des jeunes, tandis que d’autres restent sceptiques quant aux intentions réelles du nouveau maire.

Cette élection à Montargis est un révélateur des fractures qui traversent la société française aujourd’hui. Elle souligne également l’importance de la politique locale dans la vie quotidienne des citoyens, qui espèrent un avenir où les voix de tous les Montargois seront entendues.