La guerre au Moyen-Orient a des répercussions notables sur l’économie française, comme l’indique un rapport publié ce mardi par l’Insee. L’institut prévoit une croissance moins dynamique que prévue pour les premier et deuxième trimestres de 2026, en raison d’une inflation alimentée par l’envolée des prix des hydrocarbures. Malgré cette situation délicate, l’Insee estime que l’économie française pourrait résister à court terme.
EN BREF
- La croissance française est révisée à la baisse, avec une hausse prévue de 0,2% pour 2026.
- L’inflation pourrait dépasser 3% en zone euro d’ici juin, impactant le pouvoir d’achat des ménages.
- Les effets de la guerre au Moyen-Orient devraient se faire sentir surtout au second semestre.
Dans son analyse, l’Insee fait état d’une croissance de 0,5% au troisième trimestre 2025, suivie d’un ralentissement à 0,2% au quatrième trimestre. Les prévisions de croissance pour les premier et deuxième trimestres de 2026 sont également revues à la baisse, passant de 0,3% à 0,2%. Dorian Roucher, chef du département de conjoncture de l’Insee, a souligné que « l’environnement international a brutalement changé », ce qui a incité cette révision.
La hausse des prix du pétrole et du gaz, atteignant près de 100 dollars, joue un rôle clé dans cette inflation accrue. Celle-ci se traduira par une élévation des coûts de la vie, avec une prévision d’inflation à 2% en France au cours du printemps. L’Insee avertit que ce « net regain d’inflation », jusqu’alors faible, pourrait ne pas toucher immédiatement tous les secteurs, à l’exception notable du transport aérien, impacté par le prix du kérosène.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a qualifié la situation de « nouveau choc pétrolier ». Il a exprimé ses inquiétudes sur la possibilité que ce choc énergétique perdure, ce qui pourrait entraîner une crise plus systémique touchant davantage l’économie française. Selon les prévisions de l’Insee, l' »acquis de croissance » à mi-2026 se situerait à 0,9%, une baisse par rapport à la prévision précédente d’un pourcentage identique à celui de 2025.
Malgré ces incertitudes, l’institut maintient que la croissance pourrait « résister » à court terme, grâce à un élan de reprise observé jusqu’au déclenchement du conflit. Les enquêtes de conjoncture avant le début des hostilités étaient encourageantes, mais l’Insee prévient que toute intensification du conflit pourrait entraîner une hausse des prix encore plus marquée, créant des effets plus graves sur l’économie.
Au niveau sectoriel, la croissance pourrait être soutenue par le commerce extérieur, le secteur aéronautique et une demande privée plus robuste. Cependant, les ménages français vont ressentir les effets du regain d’inflation, entraînant un fléchissement de leur pouvoir d’achat. Dorian Roucher a souligné que ce sont principalement les ménages qui devront faire face à cette situation économique complexe.
La consommation des ménages devrait ralentir, avec une augmentation prévue de seulement 0,1% au premier trimestre, suivie d’un rebond limité à 0,2% au second trimestre. L’Insee note une « ruée vers les stations-service » au début de mars, mais anticipe que cela n’aura pas d’impact significatif sur la consommation globale du trimestre, les ménages compensant cette augmentation par des diminutions de dépenses dans d’autres domaines.
Pour l’heure, l’Insee n’a pas encore établi de prévisions pour le second semestre, mais il estime que les effets de la guerre au Moyen-Orient se feront principalement sentir dans cette période. Les derniers indicateurs de l’activité du secteur privé en France, publiés par S&P Global, montrent une contraction notable, signalant une détérioration de la situation économique.
Face à ces défis, il est essentiel de suivre de près l’évolution de la situation géopolitique et économique, qui pourrait influencer significativement la trajectoire de la croissance française dans les mois à venir.