Éric Ciotti a été élu maire de Nice lors des élections municipales qui se sont tenues ce dimanche 22 mars. Avec 48,5 % des suffrages, il a mis fin à près de deux décennies de domination politique locale de son ancien ami Christian Estrosi. Toutefois, ce succès électoral s’accompagne d’une réémergence d’une affaire personnelle sensible liée à la santé de sa mère, Anny Ciotti, dont la situation a suscité des interrogations et des controverses au fil des années.
EN BREF
- Éric Ciotti remporte la mairie de Nice avec 48,5 % des voix.
- Sa mère Anny, tétraplégique depuis un AVC, fait l’objet de controverses sur sa prise en charge.
- Les critiques sur les frais d’hospitalisation ont été relayées à l’Assemblée nationale.
Anny Ciotti, victime d’un grave accident vasculaire cérébral en 2000, est aujourd’hui tétraplégique et dépendante. Depuis 2004, elle est hospitalisée dans un établissement public de la vallée de la Vésubie, un service généralement destiné aux séjours de courte durée. Cette situation a été mise en lumière par une enquête de Mediapart en 2023, qui a mis en avant la prise en charge jugée inadaptée à la durée d’hospitalisation de sa mère. Bien qu’il existe des structures de soins de longue durée à Nice, celles-ci impliquent des frais d’hébergement non couverts par la Sécurité sociale.
Les révélations de Mediapart ont suscité des débats sur le coût de cette prise en charge pour les finances publiques. Selon les estimations, le maintien d’Anny Ciotti dans ce service aurait permis d’éviter des dépenses considérables pour la famille, tout en représentant un coût significatif pour l’Assurance maladie. En réponse à ces critiques, la famille du député des Alpes-Maritimes a défendu sa position. Bernard Ciotti, le père d’Éric, a affirmé qu’il s’acquittait d’une participation quotidienne de 20 euros pour les soins de sa femme, précisant que leur fils ne contribuait pas financièrement à ces frais, comme rapporté par franceinfo.
La situation a pris une tournure politique en juin 2025, lorsque l’élu écologiste Emmanuel Duplessy a évoqué l’affaire à l’Assemblée nationale. Il a dénoncé le coût présumé de l’hospitalisation d’Anny Ciotti pour les finances publiques, provoquant une réaction immédiate d’Éric Ciotti. En pleine session, le député, visiblement bouleversé, a pris la parole pour défendre sa mère. Il a décrit avec émotion une femme « sur un lit de souffrance », dépendante d’un respirateur et nourrie artificiellement. Éric Ciotti a refusé que cette situation personnelle soit instrumentalisée, qualifiant les propos tenus de « honteux » et « indignes ».
Cette épreuve personnelle, mêlée à des enjeux politiques, souligne les défis auxquels font face certains responsables politiques, souvent confrontés à la dualité entre leur vie publique et leur vie privée. Alors qu’Éric Ciotti a pris les rênes de la mairie de Nice, l’affaire de sa mère continue d’alimenter les débats et pose des questions sur la prise en charge des personnes en situation de dépendance.