En janvier 2022, un événement troublant s’est produit dans un foyer en Normandie, accueillant des adultes atteints de troubles du spectre autistique. Des résidents ont présenté des symptômes inhabituels, notamment des yeux rouges, gonflés et larmoyants. Ce phénomène a rapidement touché le personnel, entraînant une intervention des services d’urgence et l’évacuation du bâtiment, initialement suspecté d’une fuite de gaz ou d’une pollution.
EN BREF
- Un foyer normand a connu un événement lié au syndrome collectif inexpliqué
- Les symptômes ont touché à la fois résidents et personnel, entraînant une évacuation
- Les chercheurs soulignent l’impact de l’anxiété sur des phénomènes psychosomatiques
Ce phénomène a été qualifié de « syndrome collectif inexpliqué » (SCI) par Santé publique France, qui a mené une enquête approfondie pour tenter de comprendre les causes de ces symptômes simultanés. D’après leur définition, un SCI survient lorsque plusieurs personnes d’un même lieu ressentent les mêmes symptômes à un moment donné, sans qu’une cause médicale identifiable ne puisse les expliquer.
Enquête et analyses
Pour analyser ce qui s’est passé en Normandie, les enquêteurs ont utilisé plusieurs approches. Ils ont d’abord collecté des questionnaires remplis par les 27 personnes concernées, incluant à la fois les résidents et les soignants. Ces questionnaires avaient pour but de recueillir des informations sur les symptômes, leur chronologie et le contexte dans lequel ils se sont manifestés.
Ensuite, les rapports médicaux des secours intervenus ont été examinés. Des spécialistes en infectiologie et en dermatologie ont également été consultés pour apporter leur expertise. En raison des soupçons concernant l’environnement, des mesures de la qualité de l’air et de l’eau ont été effectuées. De plus, les systèmes de ventilation et de chauffage ont été inspectés, et un laboratoire accrédité a été chargé d’analyser la présence éventuelle de polluants chimiques ou biologiques.
Un contexte d’anxiété
Suite à cette analyse, Santé publique France a mis en évidence un « contexte d’anxiété aiguë face à une menace sanitaire mal identifiée ». Ce climat d’incertitude a pu engendrer des « phénomènes psychosomatiques » parmi les individus concernés. L’origine de ce syndrome est souvent multifactorielle, incluant des éléments tels que l’environnement, le stress collectif, ou parfois même une infection.
Ce qui caractérise ces épisodes, c’est leur « fort impact émotionnel » sur les personnes touchées et sur l’organisation de l’établissement. Ces phénomènes sont fréquemment observés dans des milieux confinés, tels que les bureaux, les établissements scolaires ou, comme dans ce cas, les structures médico-sociales.
Les chercheurs ont souligné qu’un SCI peut survenir même dans un environnement jugé sain et équilibré. Ils rappellent l’importance de prendre en compte les phénomènes psychosomatiques, qui peuvent toucher n’importe qui, surtout dans des contextes d’anxiété aiguë face à une menace sanitaire mal définie.
Bien qu’il soit difficile de prévenir la survenue d’un SCI, la capacité à l’identifier reste essentielle pour pouvoir l’expliquer et le prendre en charge efficacement.