Le 25 mars dernier, Ilyas Kherbouch, connu sous le nom de « Ganito », a été arrêté dans le sud de la France, mettant fin à une cavale qui l’a mené jusqu’aux Pays-Bas. Cette arrestation survient après une évasion spectaculaire de la maison d’arrêt de Villepinte, intervenue le 7 mars, grâce à l’assistance de faux policiers.
EN BREF
- Ganito a séjourné aux Pays-Bas avec sa compagne, une ancienne surveillante pénitentiaire.
- Ils ont été interpellés le 20 mars et mis en examen pour évasion en bande organisée.
- La compagne a obtenu son poste en 2021 et a été radiée pour absentéisme en 2025.
Le procureur de Paris, Laure Beccuau, a précisé que Kherbouch et sa compagne avaient passé quelques jours à Delft, aux Pays-Bas, où ils ont effectué divers achats. Le couple aurait quitté le pays le 11 mars, avant d’être localisé à Canet-en-Roussillon, où ils sont arrivés le 18 mars dans une résidence de vacances.
L’enquête a permis de retracer leur parcours, et les deux individus ont été interpellés le 20 mars. Au cours de leur interrogatoire, la compagne de Ganito, âgée de 25 ans, a déclaré avoir été surveillante pénitentiaire et avoir rencontré Kherbouch durant sa formation en 2021. Bien qu’elle ait été radiée de l’administration pénitentiaire pour absentéisme en 2025, elle continue de nourrir des ambitions professionnelles, avec l’intention de se former pour devenir agent portuaire de sûreté.
Les circonstances de leur évasion soulèvent des questions sur la sécurité au sein des établissements pénitentiaires. La procureure a également mentionné qu’un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de la jeune femme, qui semble avoir joué un rôle actif dans la préparation de cette évasion. En effet, des complices ont été identifiés et mis en examen pour leur implication dans cette affaire.
Au cours de son interrogatoire, Ganito a tenté de minimiser la responsabilité de sa compagne, affirmant qu’elle n’avait rien à voir avec son évasion. Son avocat, Me Saïd Harir, a qualifié la mise en examen de sa cliente de « véritable injustice », arguant qu’elle aurait été contrainte pendant les dix jours de cavale.
Le contexte entourant cette évasion pose des interrogations sur l’intégrité des systèmes de sécurité en place dans les prisons françaises. La situation de Ganito et de sa compagne met en lumière les failles potentielles dans la surveillance des détenus, mais également le rôle que peuvent jouer des professionnels de la justice dans des opérations illicites.
Avec la montée des préoccupations concernant la sécurité dans les établissements pénitentiaires, il sera crucial de suivre l’évolution de cette affaire et les décisions judiciaires qui en découleront. Les implications de cette évasion ne concernent pas seulement les individus directement impliqués, mais soulèvent des enjeux plus larges sur la gestion et la sécurité des prisons en France.
Les autorités doivent maintenant répondre aux interrogations que soulève cette affaire, alors que l’opinion publique se demande comment un tel événement a pu se produire sans que des mesures adéquates de prévention n’aient été mises en place.