Le Liban, contrairement à Gaza, demeure accessible aux journalistes occidentaux, permettant ainsi une documentation précise des conséquences des frappes israéliennes. Le mardi 24 mars, le journal télévisé de France 2 a diffusé un reportage poignant qui illustre le quotidien périlleux des secouristes libanais, risquant leur vie au cœur des bombardements.
EN BREF
- France 2 a diffusé un reportage sur les secouristes libanais face aux frappes israéliennes.
- Depuis le début des hostilités, 53 attaques contre les équipes médicales ont été signalées.
- Un secouriste, Jude, a été tué dans une frappe, suscitant une profonde émotion.
Depuis le début de la guerre, les autorités libanaises accusent Israël de viser délibérément les ambulanciers en pleine intervention. Selon le ministère libanais de la Santé, au 17 mars, 53 attaques avaient été recensées contre des associations de secours, 13 contre des centres de santé, 30 contre des véhicules d’urgence et cinq contre des hôpitaux. Ces frappes ont coûté la vie à 38 membres du personnel médical, selon les données officielles.
Les images tournées par l’équipe de France 2 à Nabatyeh, dans le sud du Liban, révèlent la réalité tragique et brutale à laquelle ces secouristes font face. Lors de leur intervention sur une avenue touchée par une frappe israélienne, les journalistes Marc de Chalvron et Florian Le Moal ont été témoins d’un événement déchirant. Parmi les victimes se trouvait Jude, le fils du chef des secouristes, circulant à scooter lorsque le drame s’est produit. Le chef des secouristes, découvrant la scène, s’est effondré, submergé par l’émotion devant la caméra.
« Pourquoi ces deux secouristes ont-ils été ciblés ? S’agit-il d’une erreur de l’armée israélienne ? » s’interroge Marc de Chalvron. Ce dernier précise que les secouristes profitaient d’un moment de pause pour rentrer chez eux, portant leur équipement médical. Cette situation soulève de nombreuses questions sur les règles d’engagement de l’armée israélienne.
Israël, de son côté, se défend de cibler délibérément les secouristes, affirmant que le Hezbollah utilise des ambulances à des fins militaires. Toutefois, Ramzi Kaiss, chercheur à Human Rights Watch, a déclaré à l’AFP que l’armée israélienne n’a jusqu’à présent fourni aucune preuve de ces allégations. Il a ajouté que si de telles accusations étaient fondées, il serait impératif d’émettre un avertissement avant toute attaque.
Georges Kettaneh, secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise, a affirmé que ses équipes ne se déplacent dans le sud qu’après avoir informé l’armée libanaise et les forces de l’ONU présentes dans la région. « Nous sommes neutres, impartiaux et indépendants », a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de garantir des itinéraires sécurisés pour ses équipes.
« Les Israéliens ne distinguent pas entre le personnel médical, les civils ou quoi que ce soit. Là où ils veulent frapper, ils frappent », a déclaré Mohamed Sleiman, chef des secouristes de Nabatieh, dans le reportage de France 2, juste avant d’être confronté à la perte tragique de son fils. Ce témoignage met en lumière la brutalité du contexte dans lequel opèrent les secouristes et les défis qu’ils doivent surmonter pour sauver des vies.