Un tiers des infirmiers prêts à quitter la profession, alerte d’une étude récente

La profession infirmière se retrouve à un tournant critique. Une enquête récemment publiée met en lumière une situation alarmante : plus d’un tiers des infirmiers envisagent de démissionner. Ce constat souligne une détérioration significative des conditions de travail et un sentiment de fatigue généralisée au sein de la profession, exacerbés par des années de surcharge de travail et un manque de reconnaissance.

EN BREF

  • 36 % des infirmiers envisagent de quitter leur métier, selon une étude.
  • Le manque de reconnaissance et la dégradation des conditions de travail sont alarmants.
  • 65 % des professionnels estiment que leur situation s’est détériorée en cinq ans.

Cette enquête réalisée par Odoxa pour Albus et révélée par RTL le 25 mars 2026 dépeint un tableau sombre de la santé mentale des infirmiers. En effet, 36 % d’entre eux, soit environ un sur trois, se disent prêts à abandonner leur profession. Ce chiffre contraste fortement avec les images du confinement, où les soignants étaient salués par les applaudissements des citoyens, et soulève des questions cruciales sur l’état du système de santé.

Une reconnaissance en berne

L’une des principales préoccupations soulevées par le baromètre est le manque de reconnaissance. Plus de 90 % des infirmiers interrogés estiment ne pas être suffisamment valorisés dans leur travail. Ce sentiment est particulièrement marqué dans les hôpitaux, où 91 % des infirmiers ressentent un manque de considération. Auprès des infirmiers libéraux, ce chiffre monte à 95 %. En revanche, 80 % des professionnels affirment être reconnus par leurs patients, mettant en évidence l’écart entre la relation de soin et la place accordée au métier dans le système de santé.

Des conditions de travail dégradées

Les résultats de l’enquête révèlent également une dégradation préoccupante de la santé physique et psychologique des infirmiers. Parmi les infirmiers libéraux, 38 % déclarent ressentir un niveau de stress élevé, tandis que 43 % rapportent des troubles du sommeil et 56 % des troubles musculo-squelettiques. Ces symptômes sont souvent le résultat d’une cadence de travail intensive, de contraintes horaires strictes, et de gestes répétitifs sans possibilité de récupération adéquate.

Marie, une infirmière libérale de 42 ans travaillant dans le 12e arrondissement de Paris, partage son expérience : elle visite entre 20 et 30 patients chaque matin, commençant sa journée à 6h30 et terminant sans pause jusqu’à 14h ou 15h. Ce rythme de travail effréné pèse lourdement sur sa santé physique et mentale. L’enquête révèle que 65 % des infirmiers estiment que leurs conditions de travail se sont détériorées au cours des cinq dernières années, que ce soit à l’hôpital ou en ville.

Face à cette situation, il semble urgent d’entendre les voix des infirmiers et de repenser les conditions de travail dans le secteur de la santé. La profession, qui a été mise en lumière pendant la pandémie, se retrouve aujourd’hui à l’ombre des défis quotidiens qui s’accumulent.

Le défi est double : préserver la santé des infirmiers tout en assurant la qualité des soins. Les acteurs de la santé, ainsi que les autorités compétentes, doivent se mobiliser pour mettre en place des solutions durables afin de stopper cette hémorragie de talents qui menace le système de santé.