Le mystère entourant l’évasion d’Ilyas Kherbouch, connu sous le nom de « Ganito », se clarifie peu à peu. Mercredi, une cinquième personne a été mise en examen et incarcérée, soupçonnée d’avoir apporté son aide à cet individu lors de son évasion, qui l’a conduit jusqu’aux Pays-Bas.
EN BREF
- Une cinquième personne incarcérée pour avoir aidé Ganito dans son évasion.
- Ilyas Kherbouch s’est évadé de la prison de Villepinte le 7 mars.
- Des investigations sont en cours pour déterminer l’ensemble des complices.
Ilyas Kherbouch s’est évadé sans incident de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 7 mars, grâce à l’aide de trois complices. Deux d’entre eux se sont fait passer pour des policiers afin de le sortir de la prison, prétendant qu’il devait se rendre en garde à vue, en utilisant de faux documents judiciaires.
La femme de 24 ans mise en examen et placée en détention provisoire mercredi est suspectée d’avoir prétendu être policière. Cette dernière, qui n’avait aucun antécédent judiciaire, s’est présentée au commissariat de Metz le 23 mars, affirmant être « en lien avec les faits ». Selon la procureure de Paris, Laure Beccuau, sa photo a été retrouvée sur une fausse carte de police.
Après son évasion, qui n’a été constatée que 48 heures plus tard par l’administration pénitentiaire, Ilyas Kherbouch a séjourné quelques jours aux Pays-Bas, à Delft, avec sa compagne, une ancienne surveillante pénitentiaire. Il aurait été interpellé dans le sud de la France par la suite.
À Delft, « Ganito » a effectué plusieurs achats dans des magasins de vêtements avant de quitter les Pays-Bas, probablement le 11 mars, selon les informations fournies par la procureure. Une fois la jeune femme identifiée, les juges d’instruction ont émis un mandat d’arrêt à son encontre.
Les investigations ont permis de retrouver la trace du couple à Canet-en-Roussillon, où ils sont arrivés le 18 mars dans une résidence de vacances. Les interpellations ont eu lieu le 20 mars dans le cadre de cette affaire, qui est instruite par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.
Un parcours étonnant
Le parcours du couple pose question. Pourquoi sont-ils retournés en France ? La procureure a admis que cela était « quelque peu étonnant ». Des investigations complémentaires sont en cours pour comprendre leurs motivations et retracer les différentes étapes de leur fuite.
Au moins deux autres hommes avaient déjà été mis en examen le 11 mars, soupçonnés d’avoir participé à l’évasion de « Ganito ». L’un d’eux est accusé d’avoir utilisé un faux brassard de police et d’avoir effectué des gestes tels que des palpations et menottages, dans le cadre de ce plan d’évasion élaboré.
De leur côté, « Ganito » et sa compagne ont été interrogés par des juges d’instruction. Ils ont été mis en examen pour évasion en bande organisée et corruption active d’une personne dépositaire de l’autorité publique, et placés en détention provisoire.
Lors de son interrogatoire, la jeune femme a révélé qu’elle avait obtenu le concours de surveillante pénitentiaire et avait débuté sa formation en 2021. C’est durant son stage à la maison d’arrêt de Villepinte qu’elle a rencontré Ilyas Kherbouch, alors détenu pour des home-jackings violents. Radiée de l’administration pénitentiaire pour absentéisme en 2025, elle envisageait de se réorienter vers une formation d’agent portuaire de sûreté.
Son avocat a qualifié sa mise en examen de « véritable injustice », tandis que « Ganito » a affirmé, par l’intermédiaire de son avocate, que sa compagne « n’avait rien à voir » dans son évasion. Il a décrit sa cavale comme « les dix plus beaux jours de sa vie », soulignant qu’il avait goûté à la liberté pour la première fois depuis l’âge de 14 ans.
Les investigations se poursuivent, selon Laure Beccuau, afin de déterminer le rôle exact de chacun dans cette évasion en bande organisée et identifier toute personne ayant pu apporter son aide à Ilyas Kherbouch dans sa fuite.