Le procès de Tariq Ramadan, islamologue suisse âgé de 63 ans, a pris un tournant décisif dans la cour criminelle de Paris, où il est jugé pour des accusations de viol. Ce procès, qui se déroule à huis clos depuis le 2 mars 2026, soulève des questions cruciales sur l’impact de la santé sur la justice. Les réquisitions de peine, qui s’élèvent à 18 ans de réclusion criminelle, ont été annoncées dans un contexte où l’accusé n’a pas comparu en raison de problèmes de santé.
EN BREF
- Le procès de Tariq Ramadan se déroule à huis clos à Paris depuis le 2 mars 2026.
- Une peine de 18 ans de réclusion criminelle a été requise par le parquet.
- Ramadan a été hospitalisé à Genève pour des problèmes psychiatriques le 24 mars.
Les accusations portées contre Tariq Ramadan, qui remontent à 2012, trouvent leur origine dans la plainte d’Henda Ayari, une ancienne militante salafiste. Au fil des années, d’autres femmes ont également témoigné d’agressions sexuels de la part de l’islamologue, faisant état d’incidents survenus entre 2009 et 2016. La défense de Tariq Ramadan a toujours mis en avant son état de santé, citant une hospitalisation pour une maladie neurologique, la sclérose en plaques, comme justification de son absence au procès.
Le début de ce procès a été marqué par des tensions, la présidente de la cour, Corinne Goetzmann, ordonnant une expertise médicale. Les résultats ont confirmé que la santé de l’accusé était suffisamment stable pour qu’il puisse se présenter devant la justice. Malgré cela, la cour a décidé de juger Ramadan par défaut, une décision qui a provoqué le départ de ses avocats en raison de l’impossibilité de défendre leur client correctement.
Le 24 mars, la situation a pris une tournure inattendue avec l’annonce de l’hospitalisation psychiatrique de Tariq Ramadan. Cette nouvelle a été confirmée par plusieurs sources médicales et a entraîné une demande de renvoi des audiences de la part de ses avocats. Ils ont souligné l’incapacité de leur client à comparaître, invoquant des complications liées à son état de santé mentale et physique.
La cour, toutefois, est restée inflexible. La présidente a refusé de suspendre le procès, s’appuyant sur les résultats des expertises médicales. Cette décision a été interprétée comme une volonté de ne pas laisser l’affaire s’enliser, malgré les accusations de fuite judiciaire formulées par les détracteurs de Tariq Ramadan.
Lors d’une audience, l’avocat général a requis une peine de 18 ans de réclusion criminelle contre l’islamologue, considérant les faits présentés par les plaignantes comme d’une extrême violence. En plus de cette peine, le parquet a également demandé d’autres mesures strictes incluant l’interdiction définitive de territoire français et une inscription au fichier national des auteurs d’infractions sexuelles.
Les avocats de la défense ont dénoncé ces réquisitions, les qualifiant d’iniques et déconnectées du dossier. En revanche, les représentants de la partie civile ont jugé que le procès s’était déroulé de manière exemplaire, malgré l’absence de l’accusé, et ont souligné que toutes les garanties du contradictoire avaient été respectées.
Alors que le verdict est attendu prochainement, l’affaire soulève des interrogations sur la gestion de la justice face à l’absence d’un accusé dans un procès aussi médiatisé. Les débats autour de la santé mentale et des droits des accusés sont plus que jamais d’actualité dans ce contexte judiciaire tendu.