Flavel témoigne de violences policières à Noisiel, des vidéos relancent l’affaire

Le 16 mars 2026, à Noisiel en Seine-et-Marne, Flavel, un homme de 35 ans, a été victime d’une interpellation violente par les forces de l’ordre. Près de dix jours après les faits, il témoigne de son expérience traumatisante, alors que des vidéos de son arrestation continuent de circuler sur les réseaux sociaux, suscitant une indignation croissante.

EN BREF

  • Flavel dénonce une interpellation violente par la police à Noisiel.
  • Des vidéos de l’incident relancent les accusations de violences policières.
  • Une enquête a été ouverte par l’Inspection générale de la police nationale.

Flavel, agent d’accueil dans une salle de sport et musicien, se souvient de la soirée où il a été interpellé. Selon ses propos, il se dirigeait vers un fast-food après son travail lorsqu’il a été approché par un policier, qui l’a agressé sans raison apparente. « Je lui ai dit que j’allais manger, mais il m’a frappé », raconte-t-il, décrivant la violence de l’arrestation. Les images filmées par des témoins montrent un policier lui donnant des coups de pied et le plaquant au sol.

Ce soir-là, des tensions avaient éclaté dans le quartier, des jeunes ayant lancé des projectiles sur les locaux de la police. Cependant, Flavel assure qu’il n’était pas impliqué dans ces événements. « Je vois des feux d’artifice au loin, mais je ne participe pas », explique-t-il. Malheureusement, la situation a rapidement dégénéré, et il s’est retrouvé à terre, asphyxié par les gaz lacrymogènes.

Flavel décrit des moments de terreur : « Je me prends des coups, je vois des étincelles sur mon visage. Aujourd’hui, je sais que c’était une grenade. » Son état de santé s’est détérioré depuis l’incident. Il a perdu l’appétit et souffre de douleurs persistantes. Il a été arrêté pendant cinq jours, mais son incapacité de travail a été prolongée jusqu’à début avril.

Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a reconnu que les conditions de l’interpellation de Flavel posent question. Une enquête a été ouverte par l’Inspection générale de la police nationale pour examiner la légitimité de l’arrestation. Dans un rapport, le magistrat a noté que « la vidéo est assez claire », contredisant le récit initial des policiers.

En plus de porter plainte pour violences, Flavel a également dénoncé une fouille inappropriée qu’il aurait subie lors de sa garde à vue. Il n’est pas le seul à avoir été arrêté ce soir-là ; plusieurs mineurs ont également été interpellés, leur interpellation ayant été filmée. Les images diffusées montrent un adolescent se faisant tirer dessus avec un flashball, puis frappé alors qu’il est au sol.

La sœur de l’un des adolescents a également témoigné, affirmant que son frère avait été victime de violences gratuites. « Il a été asphyxié sans raison », déclare-t-elle. La Ligue des droits de l’homme (LDH) s’est jointe à l’action pénale, dénonçant des propos racistes proférés par des policiers. Nathalie Tehio, présidente de la LDH, évoque la présomption d’intention raciste lors des interpellations, ce qui pourrait aggraver la situation.

Le 16 mars, les événements ont commencé par l’arrestation de trois jeunes hommes, suivie d’une montée de tensions qui a conduit à des violences contre les forces de l’ordre. Des vidéos montrent également une interpellation violente d’un jeune homme, Manuel, qui se rendait à un entraînement de football.

Flavel, qui n’était pas au courant des tensions dans la ville, témoigne aujourd’hui pour encourager les autres à ne pas craindre de faire entendre leur voix. « Sans la vidéo, l’affaire aurait été étouffée », déclare-t-il. Son témoignage met en lumière les enjeux de la transparence et de la responsabilité des forces de l’ordre dans des situations de violence.

Alors que l’enquête se poursuit, l’affaire de Flavel soulève des questions cruciales sur les pratiques policières et la nécessité de garantir la sécurité et les droits des citoyens. Les vidéos, témoins muets de la réalité, pourraient jouer un rôle déterminant dans l’évolution de cette affaire.