Le célèbre chanteur et acteur Patrick Bruel fait à nouveau l’objet de graves accusations. Ce jeudi 26 mars, une attachée de presse belge a annoncé avoir déposé une plainte pour agression sexuelle contre lui. Cette démarche fait suite aux récits de plusieurs femmes, révélés par Mediapart, qui l’accusent de violences sexuelles. L’incident en question remonterait à 2010, dans les locaux des médias publics belges.
EN BREF
- Une attachée de presse belge accuse Patrick Bruel d’agression sexuelle survenue en 2010.
- Elle dénonce des comportements prédateurs, confirmés par d’autres témoignages.
- Bruel est déjà visé par deux autres plaintes pour viols et agressions sexuelles.
Karine Viseur, l’attachée de presse en question, avait déjà témoigné dans les médias belges ces derniers jours. Elle avait déposé une première plainte en 2010, mais celle-ci avait été retirée, selon les informations de RTL. Elle a redéposé plainte le mardi 24 mars, motivée par le courage d’autres femmes qui ont également dénoncé Bruel.
Dans son témoignage, Viseur relate une journée marquante de 2010 passée avec Patrick Bruel, alors qu’elle travaillait à la promotion du film Comme les cinq doigts de la main. Elle se souvient avoir « clairement » réalisé qu’elle était « une proie ». Elle décrit des scènes troublantes dans une salle de maquillage, où il l’aurait « coincée » et aurait exercé des gestes inappropriés. « Il essaye de m’embrasser de force. Il se frotte à moi. Il me caresse, il passe sous ma robe », confie-t-elle.
Karine Viseur souligne que ses refus ont été constants tout au long de l’incident. Elle n’hésite pas à qualifier Patrick Bruel de « prédateur », expliquant que le statut de star a longtemps empêché les victimes de s’exprimer. Elle avoue que le courage lui est venu lorsque d’autres femmes ont commencé à faire état de leurs expériences.
Bien que Viseur reconnaisse que les faits sont probablement prescrits, elle estime qu’il est essentiel que la plainte soit instruite. Elle affirme : « Je ne ferai pas marche arrière et si je peux ouvrir la parole à d’autres personnes, je serai là pour les appuyer et les épauler. »
Mi-mars, Mediapart avait publié le témoignage de six femmes qui accusent Bruel de violences sexuelles entre 1992 et 2019. Sur le plan judiciaire, le chanteur de 66 ans fait face à une enquête pour viol ouverte à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ainsi qu’à une autre plainte pour tentative de viol et agression sexuelle. Patrick Bruel a toujours nié ces accusations, affirmant n’avoir jamais forcé quiconque à des gestes ou rapports sexuels, selon les déclarations de son avocat, Christophe Ingrain.
Suite aux révélations de Mediapart, Ingrain a déclaré que cet article « fabrique un personnage et un système qui n’ont jamais existé ». En réponse à une demande de l’AFP, il n’a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire.
Les accusations portées contre Patrick Bruel soulèvent des questions importantes sur la nécessité de permettre aux victimes de s’exprimer et de recevoir justice, même des années après les faits. La société semble enfin prête à écouter ces voix longtemps étouffées.