Le jeudi 26 mars 2026, à l’ouverture de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Yaoundé, les États-Unis ont exprimé leurs critiques envers l’institution, tandis que la Chine a défendu son rôle. Cette réunion, qui se tiendra jusqu’à dimanche, vise à relancer une organisation confrontée à des tensions géopolitiques croissantes et à un protectionnisme monté en flèche.
EN BREF
- Les États-Unis s’attaquent à l’OMC lors de sa conférence à Yaoundé.
- La Chine appelle à soutenir le système commercial multilatéral.
- Aucun accord significatif n’est attendu, mais une feuille de route pour la réforme pourrait être adoptée.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que les mesures commerciales prises par les États-Unis étaient une réponse à un système commercial mondial qu’il juge déséquilibré, et qui aurait été cautionné par l’OMC. Les membres de l’organisation se retrouvent donc face à un défi majeur : restaurer la confiance dans une institution qui semble à la dérive.
La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a souligné que le système commercial mondial traverse sa plus grave crise depuis quatre-vingts ans. Elle a évoqué un unilatéralisme croissant qui menace la stabilité des échanges internationaux.
Des appels à la réforme
Lors de cette rencontre, des voix se sont élevées pour demander une réforme en profondeur de l’OMC. Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a plaidé pour une OMC capable de répondre aux défis contemporains et de restaurer la confiance des nations dans le commerce multilatéral.
De nombreux pays africains, dont le Gabon et la République démocratique du Congo, ont insisté sur le maintien d’un traitement spécial et différencié pour les pays en développement, afin de leur accorder davantage de flexibilité dans les négociations commerciales.
Des divergences sur les objectifs de réforme
Les États-Unis, par la voix de Jamieson Greer, ont exprimé leur préoccupation quant à l’échec des institutions multilatérales à établir un accès équitable au marché. En revanche, le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, a défendu l’OMC et a appelé les pays à s’unir pour soutenir le système commercial multilatéral fondé sur des règles.
Les ministres du Commerce de l’Union européenne ont également exprimé leur attachement à un système commercial ouvert et équitable, en plaidant pour une OMC modernisée qui puisse s’adapter aux réalités du commerce mondial.
Côté américain, une des principales revendications concerne la révision du principe de la nation la plus favorisée, qui impose un traitement égal à tous les partenaires commerciaux. Cette position entre en contradiction avec la politique commerciale actuelle des États-Unis, ce qui suscite des inquiétudes parmi les pays en développement.
Les États-Unis, la Chine et l’Union européenne s’accordent toutefois sur la nécessité d’établir un cadre de règles communes permettant aux pays intéressés de s’engager dans une coopération économique plus étroite, notamment à travers des accords plurilatéraux. Cependant, cette perspective ne fait pas l’unanimité, comme l’a souligné le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, insistant sur la nécessité de respecter les droits des non-parties.
Pour l’heure, aucun accord significatif ne devrait émerger de cette conférence, mais les membres de l’OMC espèrent adopter une feuille de route pour la réforme. L’objectif reste de parvenir à un résultat concret lors de la prochaine rencontre ministérielle.
Les discussions se poursuivront sur les procédures de décision de l’OMC, qui reposent actuellement sur le principe du consensus, ainsi que sur les règles concernant les pays en développement et l’égalité des conditions de concurrence. Les membres souhaitent également rétablir le mécanisme de règlement des litiges commerciaux, essentiel pour maintenir la stabilité des échanges internationaux.