Le jeudi 30 mai, l’Union européenne a intensifié ses efforts en matière de protection des mineurs sur Internet, en épinglant plusieurs sites pornographiques, dont Pornhub, pour leur non-respect des règles de vérification d’âge. Cette initiative vise à renforcer la sécurité des jeunes utilisateurs face à des contenus inappropriés.
EN BREF
- L’UE soupçonne Pornhub et d’autres sites de ne pas vérifier l’âge des utilisateurs.
- Une enquête est ouverte sur Snapchat pour évaluer sa protection des mineurs.
- Les sites pornographiques risquent des amendes pouvant atteindre 6% de leur chiffre d’affaires.
La Commission européenne a révélé avoir lancé une enquête en mai 2025 contre quatre sites internet de contenu pour adultes, parmi lesquels figurent Pornhub, Stripchat, XNXX et XVideos. Les accusations portent sur leur incapacité à mettre en œuvre des mesures efficaces de vérification d’âge, comme l’exige le règlement sur les services numériques (DSA).
Actuellement, ces plateformes se contentent de demander aux utilisateurs de confirmer qu’ils sont majeurs par un simple clic, une méthode jugée insuffisante par les autorités. Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne, a déclaré : « Le message est très clair : si ces plateformes veulent continuer à opérer en Europe, elles doivent mettre en place de véritables vérifications d’âge. »
La Commission critique également la mauvaise évaluation des risques que ces sites font peser sur les mineurs, affirmant qu’ils semblent davantage préoccupés par leur réputation et leur rentabilité que par la sécurité des jeunes utilisateurs. Ces accusations pourraient entraîner de lourdes amendes, potentiellement jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial des sites concernés.
Néanmoins, les opérateurs de ces sites disposent d’une période pour se défendre et proposer des solutions afin de répondre aux préoccupations soulevées par la Commission. XVideos, sollicité par l’AFP, a réagi en accusant Bruxelles de vouloir nuire à son activité, arguant que des vérifications d’âge pourraient pousser les mineurs à des sites moins régulés et donc plus dangereux.
Snapchat dans le viseur de l’UE
Parallèlement à cette enquête sur les sites pornographiques, la Commission européenne a ouvert une procédure distincte visant Snapchat, l’application prisée des adolescents pour ses messages éphémères. Cette enquête vise à déterminer si Snapchat expose ses utilisateurs jeunes à des dangers tels que la manipulation à des fins sexuelles ou le recrutement pour des activités criminelles.
Bruxelles s’interroge sur les pratiques de Snapchat en matière de vérification d’âge et sur sa capacité à encadrer la vente de produits illégaux via sa plateforme. L’application ne semble pas mettre en place de mesures adéquates pour protéger ses jeunes utilisateurs, se contentant d’une simple demande de confirmation d’âge.
Henna Virkkunen a souligné que « Snapchat ne semble pas avoir compris que le DSA impose des normes de sécurité élevées pour tous les utilisateurs. Grâce à cette enquête, nous allons vérifier de près si cette plateforme respecte bien notre législation. »
Une porte-parole de Snapchat a réagi en affirmant que l’entreprise collaborera pleinement avec les enquêteurs, tout en soulignant les efforts déjà réalisés pour renforcer la sécurité de ses utilisateurs. Le régulateur français, l’Arcom, a salué cette initiative, notant que près de 46 % des internautes de moins de 13 ans se connectent à Snapchat au moins une fois par mois.
Cette enquête pourrait également entraîner des sanctions contre Snapchat, bien qu’il soit encore trop tôt pour prédire l’issue de cette procédure. Les actions de l’UE s’inscrivent dans un contexte plus large de vigilance accrue vis-à-vis des plateformes en ligne, avec une attention particulière portée sur la protection des jeunes utilisateurs.
En parallèle, la Commission européenne a salué une décision judiciaire aux États-Unis condamnant Instagram et YouTube pour leur rôle dans l’addiction aux réseaux sociaux. Ce jugement envoie un message fort aux plateformes numériques : elles doivent prendre au sérieux les risques qu’elles font courir aux utilisateurs, notamment les plus jeunes.