Thierry Breton propose de limiter le déficit public à 1 % du PIB d’ici 2032

Face à une dette publique en constante hausse depuis deux décennies, Thierry Breton, ancien ministre des Finances, suggère une solution radicale pour contrer les dérives budgétaires. Dans une tribune parue dans le Monde le 26 mars, il appelle à inscrire dans la Constitution une règle d’or visant à limiter le déficit public à 1 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2032.

EN BREF

  • Thierry Breton propose une limite constitutionnelle du déficit à 1 % du PIB.
  • Le déficit public français pourrait atteindre 5 % en 2026 selon les prévisions.
  • Des réformes majeures seront nécessaires pour atteindre cet objectif à long terme.

La situation budgétaire de la France est préoccupante. À la fin du troisième trimestre 2025, la dette publique s’élevait à 3 482,2 milliards d’euros, représentant 117,4 % du PIB. Avec une charge par habitant dépassant les 50 000 euros, les discussions autour de la loi de finances de 2026 ont été marquées par des tensions croissantes. Le gouvernement a voté un objectif de réduction du déficit à 5 % du PIB pour cette année, mais Thierry Breton estime que cette cible est insuffisante.

Pour lui, il est urgent de rompre avec la logique de la fuite en avant et de reprendre en main les finances publiques. Sa proposition de « règle d’or » vise à imposer une discipline budgétaire aux gouvernements successifs, en veillant à ce que le déficit ne soit plus laissé à la merci des cycles électoraux et des décisions opportunistes.

Breton, qui a également exercé comme commissaire européen au marché intérieur, souligne que le chemin vers un déficit de 1 % en 2032 sera semé d’embûches. Il reconnaît que ce n’est pas un objectif que l’on peut atteindre par une simple déclaration. Un premier pas devra être fait dès le début de la mise en œuvre de ce plan, en visant 4,5 % de déficit en 2027. Cela nécessitera un effort budgétaire colossal, estimé entre 25 et 30 milliards d’euros.

Les prochaines étapes, selon Breton, passeront par une réduction progressive du déficit : 3,5 % en 2028, puis 3 % en 2029. Il insiste sur le fait que cette démarche ne se limite pas à de simples coupes budgétaires, mais nécessitera une profonde transformation de l’État social, de l’administration et du modèle économique du pays.

Une réforme des retraites pourrait également être sur la table. Thierry Breton évoque la nécessité d’une montée progressive de l’âge de départ et d’une amélioration de la prise en compte du travail réel. De plus, il plaide pour l’introduction de mécanismes de capitalisation complémentaires, une approche qui pourrait redéfinir la manière dont les Français envisagent leur retraite.

Cette proposition de Thierry Breton arrive à un moment où la France doit faire face à des défis économiques importants. Le débat sur la gestion de la dette et le déficit public est plus que jamais d’actualité, et la question de l’équilibre budgétaire sera cruciale pour les gouvernements futurs.

En somme, Thierry Breton appelle à une réflexion profonde sur le modèle économique français, avec une vision à long terme qui pourrait transformer la gestion des finances publiques. La mise en œuvre de ses recommandations nécessitera une volonté politique forte et un consensus autour des priorités budgétaires des années à venir.