Entre la France et les grandes plateformes d’e-commerce comme Shein et Temu, un véritable bras de fer se déroule. Le 1er mars, le gouvernement a instauré une taxe de 2 euros sur les petits colis, c’est-à-dire ceux d’une valeur inférieure à 150 euros en provenance de Chine. En 2025, 826 millions d’articles avaient été importés sous cette catégorie. Toutefois, les plateformes ciblées ont rapidement trouvé le moyen d’éviter cette taxe.
EN BREF
- La taxe de 2 euros sur les petits colis n’est pas appliquée par certaines plateformes.
- Des contrôles douaniers renforcés ont été instaurés pour contrer cette échappatoire.
- Une nouvelle taxe européenne de 3 euros par article sera mise en place en juillet 2026.
Pour contourner cette mesure, Shein et Temu ont modifié leur logistique. Les marchandises, au lieu d’arriver directement à Roissy, sont désormais envoyées dans d’autres pays européens tels que la Belgique et les Pays-Bas. Ensuite, elles sont acheminées par camion vers la France. Cette manœuvre leur permet d’échapper à la taxe, car celle-ci ne s’applique que si les marchandises touchent directement le sol français.
Ce contournement de la taxe présente également un autre problème : les plateformes évitent les contrôles douaniers français. À l’origine, cette taxe avait pour but de générer des revenus pour renforcer ces contrôles. Cependant, il apparaît que l’État a manqué son objectif, car non seulement la taxe ne rapporte rien, mais aucun contrôle n’est effectué sur ces produits importés.
Face à cette situation, le gouvernement a réagi le 25 mars en annonçant un nouvel arrêté. Celui-ci étend les pouvoirs des agents des douanes, leur permettant de contrôler sur le territoire national les colis provenant du e-commerce qui ont été dédouanés dans un autre pays membre de l’Union européenne. Ces contrôles pourront se dérouler sur les routes ou dans des entrepôts logistiques.
La nécessité de ces contrôles est d’autant plus pressante que de nombreux produits vendus sur ces plateformes, en particulier ceux de Temu, ne respectent pas les normes françaises et européennes. Une étude récente du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a révélé que 81 % des objets testés, incluant jouets et appareils électriques, ne respectaient pas la législation en vigueur.
Bien que ces nouvelles mesures permettent de rétablir un certain niveau de contrôle, elles ne répondent pas entièrement au problème. Les plateformes continueront d’échapper à la taxe de 2 euros, car les marchandises transitent librement depuis un pays de l’Union européenne sans être soumises à cette imposition.
Pourtant, l’État prévoit d’introduire un droit de douane européen de 3 euros par article à partir de juillet. Ce nouveau dispositif, qui s’appliquera sur le sol européen, devrait rendre plus difficile l’évasion fiscale des plateformes. De plus, une réforme de la taxe française est envisagée pour novembre 2026, avec une imposition de 5 euros par catégorie d’article. Cela pourrait marquer un tournant dans la lutte contre ces pratiques d’évasion.
En somme, alors que le gouvernement s’efforce de renforcer les contrôles douaniers pour protéger les consommateurs et l’économie locale, le défi demeure de taille face à la créativité logistique des grandes plateformes d’e-commerce. Le combat est loin d’être terminé, et les mesures à venir seront cruciales pour déterminer l’avenir de ce secteur.