Le 26 mars 2026, l’Assemblée législative du Salvador a voté une réforme controversée instaurant la peine de prison à perpétuité pour les mineurs accusés de meurtres, de viols ou d’actes terroristes. Cette nouvelle mesure s’inscrit dans le cadre de la lutte acharnée contre la criminalité, orchestrée par le président Nayib Bukele depuis plusieurs années.
EN BREF
- Le Salvador impose la perpétuité pour les mineurs coupables de crimes graves.
- Cette décision s’inscrit dans la lutte contre les gangs menée par le président Bukele.
- La réforme a soulevé des inquiétudes concernant les droits humains au Salvador.
Cette réforme fait suite à une série de mesures exceptionnelles mises en œuvre par le gouvernement salvadorien pour lutter contre la violence des gangs, qui a longtemps affligé le pays. La peine de prison à perpétuité pour les mineurs représente un changement radical, puisque jusque-là, la Constitution interdisait de telles sanctions pour les jeunes. Avant cette réforme, la peine maximale encourue par un condamné était de 60 ans.
Selon le texte adopté, la procédure spéciale pour mineurs, qui était précédemment appliquée pour les crimes graves, n’est plus applicable. Les autorités prévoient toutefois des réévaluations périodiques pour juger de la dangerosité des jeunes condamnés et envisager une éventuelle réinsertion, notamment par le biais d’une libération conditionnelle.
La décision a été approuvée par les députés dans un contexte où le pays a déjà adopté une réforme constitutionnelle en mars 2026, élargissant la portée de l’emprisonnement à vie pour les crimes les plus graves. Cette nouvelle législation vise principalement à contrer la violence des gangs, qui a causé de nombreuses tragédies au sein de la population salvadorienne.
Le président Nayib Bukele, qui a été en fonction depuis 2019, est un fervent défenseur de cette approche ferme contre la criminalité. Ses actions ont permis de réduire les homicides à des niveaux historiquement bas, mais elles ont également suscité des critiques de la part d’organisations de défense des droits humains. Ces dernières dénoncent des abus et des violations des droits fondamentaux, notamment la détention de milliers d’enfants et d’adolescents dans le cadre de la lutte contre les gangs.
À ce jour, les autorités affirment avoir arrêté plus de 91 650 membres présumés de gangs dans le cadre de cette campagne. Cependant, environ 8 000 de ces personnes ont été libérées, déclarées innocentes par les tribunaux. Dans ce contexte de tensions, le Parlement salvadorien a également prolongé l’état d’exception en place depuis quatre ans, qui permet des arrestations sans mandat judiciaire.
La mise en œuvre de cette réforme pourrait avoir des conséquences durables sur le système judiciaire salvadorien et sur la vie des jeunes concernés. Il reste à voir comment cette politique sera appliquée et quelles seront ses répercussions sur la société salvadorienne dans son ensemble.