Dans un entretien accordé à l’AFP, Sebastian Marroquin, fils de Pablo Escobar, évoque sa série « Dear Killer Nannies » qui aborde son enfance marquée par la violence et l’opulence. Diffusée sur Disney+, cette production vise à montrer qu’il est possible de se libérer d’un destin criminel, malgré un passé tumultueux.
EN BREF
- La série « Dear Killer Nannies » raconte l’enfance de Sebastian Marroquin, fils de Pablo Escobar.
- Marroquin souligne l’importance de choisir un chemin différent de celui tracé par ses parents.
- Disney+ amplifie sa production en Europe avec des projets locaux variés.
La série « Dear Killer Nannies », diffusée le 1er avril sur Disney+, plonge le spectateur dans l’enfance de Sebastian Marroquin, également connu sous le nom de Juan Pablo Escobar. Ce dernier a grandi dans l’ombre de son père, le célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar, dans un environnement où la violence et la sécurité étaient omniprésentes. À travers cette œuvre, Marroquin souhaite transmettre un message d’espoir et de rédemption.
Les premiers épisodes, projetés cette semaine lors du festival Séries Mania à Lille, illustrent la vie d’un enfant de sept ans évoluant dans un monde d’hommes armés, réalisant progressivement que son père n’est pas l’image protectrice qu’il croyait. « Ce n’est pas une histoire créée pour glorifier les activités criminelles de mon père, loin de là, mais pour inviter les autres à voir qu’il est possible de changer », déclare Marroquin. Il souligne que l’œuvre vise à inspirer ceux qui pourraient se sentir piégés par leur héritage familial.
Marroquin, aujourd’hui âgé de 49 ans, a pris la décision de changer de nom après la mort de son père en 1993. Architecte de profession, il a déjà exprimé ses regrets dans un documentaire précédent concernant les victimes du narcotrafic. Il admet que, malgré le passé criminel de son père, ce dernier a été un « bon père » dans sa vie personnelle.
Dans cette série, Marroquin aborde la nécessité d’affronter ses propres histoires, sans les nier, mais en les utilisant pour transmettre un message clair à la jeunesse. Il critique des productions comme « Narcos » qui, selon lui, embellissent la vie des narcotrafiquants et peuvent inciter les jeunes à suivre ce modèle. « Dear Killer Nannies » se veut un récit authentique qui met en lumière les traumatismes subis par un enfant dans un environnement violent.
La série, composée de huit épisodes, explore des thèmes tels que la solitude, l’incertitude et les émotions complexes que traverse un enfant dans un contexte aussi instable. Sebastian Ortega, co-créateur de la série, décrit le projet comme un « torrent d’émotions » entre amour, plaisir et violence, souvent séparés par de courtes fractions de seconde.
En plus de « Dear Killer Nannies », le festival Séries Mania a mis en avant d’autres productions estampillées Disney+, telles que « The Testaments », la suite de « La Servante écarlate », et « Lucky Luke », une série française. Angela Jain, directrice des contenus pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, a annoncé que Disney+ comptait intensifier sa production européenne, cherchant à raconter des histoires locales qui résonnent avec le public.
Les initiatives de Disney+ visent à séduire un jeune public avide de contenu original. La volonté de produire des séries locales pourrait enrichir l’offre de la plateforme et attirer de nouveaux abonnés, offrant ainsi une alternative aux productions américaines dominantes sur le marché.
Cette démarche souligne l’importance croissante des récits authentiques qui se connectent avec des expériences locales, tout en véhiculant des messages d’espoir et de rédemption, comme celui que Sebastian Marroquin souhaite partager à travers sa série.