Le gouvernement français a enregistré une évolution inattendue de son déficit public, qui s’établit à 5,1 % du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2025. Selon les données préliminaires de l’Insee, cette baisse de 0,7 point par rapport à 2024 marque une lueur d’espoir pour les finances publiques, bien qu’elle demeure encore au-dessus du seuil de 3 % fixé par l’Union européenne.
EN BREF
- Le déficit public de la France a diminué à 5,1 % du PIB en 2025.
- Cette baisse est due à des recettes fiscales en hausse et à un ralentissement des dépenses publiques.
- Le gouvernement appelle à la prudence malgré cette amélioration, restant vigilant face aux défis économiques à venir.
Cette amélioration des comptes publics s’explique en grande partie par une augmentation des recettes fiscales, qui ont progressé de 3,9 % l’année dernière. Les impôts sur le revenu et sur le patrimoine ont particulièrement contribué à cette dynamique, affichant une hausse de 6,6 %. L’Insee a souligné que cette situation favorable résulte de plusieurs mesures fiscales et d’une croissance économique légèrement plus robuste que prévu.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a attribué cette performance à une stabilité politique retrouvée, affirmant que « la méthode paie ». Lors d’une déclaration récente, il a noté que le climat des affaires s’était amélioré, permettant une meilleure collecte des recettes fiscales.
En parallèle, les dépenses publiques ont connu une hausse plus modérée, augmentant de 2,5 % en 2025 contre 4 % en 2024. Bien que les dépenses continuent d’augmenter en volume de 0,9 %, le rythme de croissance reste en dessous de celui du PIB, qui a progressé de 2 %. Cette maîtrise des dépenses a également été mentionnée par le Premier ministre, qui a évoqué des « dépenses publiques maîtrisées » comme une composante clé de cette amélioration.
Cependant, cette baisse du déficit doit être mise en perspective. Selon l’économiste Sylvain Bersinger, il est essentiel de ne pas se réjouir trop rapidement. Il a rappelé que malgré cette amélioration, le déficit public reste bien au-dessus du seuil de 3 % fixé par la Commission européenne, ce qui pose des questions sur la soutenabilité de cette situation à long terme.
Les autorités sont conscientes des défis qui demeurent. Lors d’une réunion à Bercy, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a évoqué la nécessité de continuer à réduire le déficit. Il a précisé qu’aucune marge de manœuvre ne pouvait être envisagée tant que le déficit persiste, soulignant que « la cagnotte, c’est quand il n’y a pas de déficit ».
À l’avenir, le gouvernement s’engage à poursuivre ses efforts pour réduire le déficit, avec un objectif de passer sous les 5 % en 2026. Cependant, des incertitudes demeurent, notamment en raison de la situation géopolitique mondiale, qui pourrait avoir un impact sur la croissance et les recettes fiscales.