Sébastien Lecornu alerte sur la hausse des arrêts maladie en France et la fraude

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, exprime son inquiétude face à l’augmentation des arrêts maladie en France, qui représentent un enjeu budgétaire majeur pour l’année 2025. L’objectif du gouvernement est de maintenir le déficit public en dessous de 5 % d’ici 2026. Pour y parvenir, il compte intensifier la lutte contre la fraude liée aux arrêts maladie.

EN BREF

  • Le gouvernement vise à réduire les arrêts maladie pour maîtriser les dépenses.
  • 18 milliards d’euros d’indemnités versés en 2025, soit une hausse de 45 % par rapport à avant la pandémie.
  • Des contrôles des arrêts maladie seront renforcés pour lutter contre la fraude.

Sébastien Lecornu a souligné que la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) a versé un montant record d’indemnités d’arrêt de travail en 2025, soit 18 milliards d’euros, représentant une augmentation significative de 45 % par rapport aux années précédant la pandémie de Covid-19. Cette situation est perçue comme une dérive très préoccupante pour le budget de l’État, a-t-il déclaré lors d’une récente conférence de presse.

À l’origine de ces inquiétudes, la France fait face à un défi de taille : comment réduire le nombre d’arrêts maladie tout en garantissant le bien-être des Français ? Lecornu a mentionné que la lutte contre la fraude est essentielle pour maîtriser cette situation. Initialement, le gouvernement avait envisagé de sanctionner les médecins qui prescrivaient un nombre excessif d’arrêts maladie, mais cette mesure a été abandonnée au profit d’une approche plus ciblée.

Le Premier ministre a évoqué la nécessité de renforcer les contrôles des arrêts maladie. En 2025, seulement 230 000 contrôles ont été effectués sur un total de 9 millions d’arrêts. Ce chiffre est relativement faible comparé à d’autres pays européens. En 2024, ces vérifications avaient permis de récupérer 42 millions d’euros pour la Sécurité sociale.

Pour faire face à la hausse des dépenses, le gouvernement a organisé deux réunions interministérielles à Matignon pour élaborer un plan d’action. Ce plan devrait être annoncé dans un avenir proche et vise à réduire le nombre d’arrêts maladie, tant courts que longs, et à introduire le temps partiel thérapeutique (TPT). Cette approche impliquerait une collaboration accrue entre le médecin traitant et le médecin du travail, afin d’éviter que l’arrêt de travail ne soit la seule solution envisagée.

En parallèle, le gouvernement envisage également de modifier le système d’indemnisation. Une proposition consiste à transférer une partie de l’indemnisation aux employeurs entre le quatrième et le septième jour d’arrêt, ce qui pourrait générer une économie de 500 millions d’euros, selon les premières estimations.

La situation actuelle soulève des questions sur la santé publique et la prise en charge des arrêts maladie. Alors que certains parlent de fraude, d’autres évoquent un véritable mal-être au sein de la population. Le défi consiste à trouver un équilibre entre la nécessité de maîtriser les dépenses et la protection des droits des travailleurs.

Le gouvernement se doit de naviguer habilement entre ces impératifs, tout en restant attentif aux réalités vécues par les Français. L’avenir des arrêts maladie en France dépendra de la capacité de l’État à instaurer des mesures efficaces et justes, conciliant contrôle budgétaire et prise en charge des individus en situation de vulnérabilité.